Haïti : pas d'élections avant la fin du mandat du président provisoire

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Partisans du parti PHTK à Port-au-Prince, en avril 2016. ©HECTOR RETAMAL/AFP
Le président provisoire d'Haïti Jocelerme Privert a expliqué lors d'une conférence de presse que le second tour de la présidentielle ne pourrait pas se tenir avant la fin de son mandat en raison du travail nécessaire de vérification des scrutins précédents.
"Le conseil électoral estime qu'il pourra publier un calendrier électoral entre le 15 et le 31 mai", a indiqué mercredi Jocelerme Privert aux journalistes, en insistant sur l'indépendance de l'institution en charge de l'organisation des élections.
 
"L'accord de sortie de crise a confié au conseil électoral la responsabilité d'évaluer les étapes déjà franchies", a rappelé le président provisoire. "Comment garantir la crédibilité du processus électoral sans cette commission de vérification? Comment garantir la stabilité politique de ce pays si l'on n'organise pas des élections crédibles?" interpelle Jocelerme Privert.
        

Reports successifs 

Haïti est plongée dans une crise politique profonde depuis que le processus électoral a été suspendu en janvier, en raison des accusations de l'opposition dénonçant un "coup d'Etat électoral" fomenté par Michel Martelly, l'ancien président. Au premier tour du scrutin présidentiel, le 25 octobre, le candidat du pouvoir, Jovenel Moïse, avait recueilli 32,76% des voix, contre 25,29% pour Jude Célestin, qui a qualifié ces scores de "farce ridicule". En raison des reports successifs du second tour de la présidentielle, Michel Martelly a achevé son mandat le 7 février sans remettre le pouvoir à un successeur élu.

Un accord de sortie de crise, signé entre le pouvoir exécutif et le Parlement, a permis l'élection, le 14 février de Jocelerme Privert, à l'époque président du Sénat, au poste de président provisoire pour un mandat de trois mois. Cet accord indiquait également que les élections laissées en suspens seraient organisées ce dimanche 24 avril, une échéance qui ne peut donc être respectée.
 

Tensions dans la classe politique 

"Pour que le peuple soit convoqué en ses comices, il faudrait un arrêté présidentiel, contresigné par le Premier ministre et le gouvernement", a expliqué Jocelerme Privert mercredi. "Ca n'est que le 24 mars que le Parlement a reçu et ratifié le Premier ministre donc les conditions pour les élections le 24 avril n'étaient pas réunies, non pas par la faute du président provisoire", a-t-il insisté.
        
Mais les partisans de Jovenel Moïse ont dénoncé lors de plusieurs manifestations la volonté de Jocelerme Privert de retarder la reprise du processus électoral. Ces tensions au sein de la classe politique découragent la participation citoyenne alors qu'un tiers des Haïtiens fait aujourd'hui face à l'insécurité alimentaire. Au premier tour de la présidentielle, moins d'un quart des électeurs avait voté. 
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