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Huit ans requis en appel contre le chef présumé des trafiquants de drogue à la "torpille"

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Cours d'appel de Versailles
La cour d'appel de Versailles. ©JACQUES DEMARTHON / AFP
Une peine de 8 ans de prison a été requise en appel mercredi à Versailles contre la tête présumée d'un réseau de trafic de cocaïne international, qui avait notamment eu recours à des torpilles pour acheminer la drogue dans l'hexagone à partir des Antilles.
En première instance en septembre, le prévenu, âgé de 40 ans, avait écopé de la peine maximale, soit 10 ans de prison dont les deux tiers de sûreté et 100.000 euros d'amende pour trafic de drogue et association de malfaiteurs. L'avocat général a demandé l'abandon des poursuites pour trafic de stupéfiant compte tenu du manque de preuve.


"James", la tête pensante ?

Surnommé James, le prévenu est soupçonné d'être la tête pensante d'un réseau international de trafiquants dont 19 membres ont été condamnés de un à 10 ans de prison en septembre à Nanterre. On l'accuse notamment d'avoir supervisé une opération d'importation de cocaïne des Antilles vers la métropole, grâce à des torpilles: des plongeurs polonais, aguerris et recrutés au prix fort, fixaient puis récupéraient ces engins chargés de drogue, sous des cargos effectuant la traversée transatlantique. Au moins deux opérations de ce genre ont été identifiées lors de l'enquête.

Le prévenu s'explique

Muet en première instance, le principal prévenu a cette fois-ci choisi de s'expliquer. Sur ses liens avec Jaoiad, l'autre tête présumée du réseau spécialisé dans l'importation de résine de cannabis et en fuite depuis sa condamnation à 10 ans ferme, James s'est borné à évoquer un ami d'enfance. Son train de vie luxueux comme son appartement loué avenue Foch, dans le très chic XVIe arrondissement à Paris ? Il l'a loué "pour un ami influent en Tunisie qui voulait un pied-à-terre à Paris", affirme-t-il.

Il charge son cousin

Quant aux écoutes dans lesquelles la police a reconnu sa voix sur la base d'une comparaison avec de précédentes écoutes réalisées sur une autre affaire en 2009, James assure que ce n'est pas lui. A la place, il charge son cousin, considéré par les enquêteurs comme son chauffeur et homme de main et condamné à 6 ans en première instance. "Ce qu'il a fait c'est mal", a-t-il affirmé, se dédouanant de toute complicité.

"Parce qu'il connaît les protagonistes de l'affaire et qu'il a grandi avec eux, il est coupable ?", a interrogé Me Menya Arab-Tigrine, l'une de ses trois avocates. "On est dans une logique du sentiment, voir même du ressentiment, et certainement pas d'une logique de la démonstration par la preuve", a complété son confrère Me David-Olivier Kaminski.

Le jugement a été mis en délibéré au 3 juillet.