L'industrie du nickel et des métaux impactée par le coronavirus en Chine ?

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NICKEL
Installation portuaire à Shanghai en Chine ©AFP
Une activité industrielle qui tourne au ralenti, des règles de quarantaine qui sont de quatorze jours dans la plupart des villes chinoises, la production des usines perturbée. La demande de métaux et de nickel est en berne indique le journal des métaux de Shanghai (SMM).
Le nouveau bilan de l'épidémie de nouveau coronavirus a atteint 1.886 morts mardi en Chine continentale. Selon le bilan transmis par les autorités chinoises, 93 nouveaux décès ont été enregistrés dans la province du Hubei, épicentre de l'épidémie. Les autorités sanitaires y ont recensé mardi 1 807 nouveaux cas de contamination, en recul par rapport à la veille. Dans ce grand centre sidérurgique aussi, les usines de "l’atelier du monde" tournent au ralenti.
NICKEL
Usine d'acier inoxydable dans la province de Hubei en Chine ©AFP
Une description de la réalité
Une logistique portuaire perturbée par l’épidémie de coronavirus, des navires chargés de conteneurs ou de minerais qui attendent au large, des cargaisons de métaux qui n’ont pas pu être stockées, des restrictions de transport qui ont dissuadé les usines métallurgiques et les aciéries de transférer les cargaisons de minerai et de ferronickel vers leurs entrepôts, et pour finir des métallurgistes sous surveillance sanitaire, voilà la description sans fard qu’établit le Shanghai Metals Market (SMM), journal d’information numérique sur la Bourse des métaux de Shanghai (SHFE). De son côté, l’Indonésie a interdit l’accès du pays à tous les mineurs et métallurgistes chinois travaillant dans l'industrie du nickel ou du cuivre.

Dumping sur les prix ?
L’enquête de SMM, révèle assez logiquement l’augmentation des stocks de nickel, cathodes ou briquettes, qu’ils proviennent de fonderies chinoises ou russes, et son corolaire la hausse des stocks d’acier inoxydable, dont l’un des ingrédients est le nickel. L’article de SMM souligne également que les offres de nickel russe sont susceptibles "d'accepter des rabais", par rapport au prix officiel du marché. Le contexte n'est pas porteur pour les producteurs, avec une offre suffisante face à une demande en berne.

L'atelier du monde est grippé
Les usines tournent donc au ralenti, fonderies de nickel ou aciéries, ainsi celle de Jinchuan, le leader mondial de l’inox qui "prévoit de réduire sa production de nickel raffiné en février".
L’activité transport, essentielle aux livraisons de minerais et de métaux, "a commencé à revenir à des niveaux presque normaux ces derniers jours" souligne l’article de SMM, mais l’optimisme de façade dissimule à peine une situation qui reste inquiétante, "l’accès aux usines de l’intérieur demeure restreint, l’activité économique reste modérée". Seule lueur d’espoir, le site d’information de la Bourse de Shanghai croit savoir que "la confiance globale dans la demande future reste solide, et dans la plupart des domaines, le gouvernement prenant des mesures de soutien à l’économie".

Minéraliers en quarantaine
L’article du Shanghai Metal Market s’efforce de décrire la réalité. Mais il prend aussi les précautions nécessaires pour ne pas affoler les investisseurs. Il ne dit pas qu’en Australie, après avoir transporté des centaines de milliers de tonnes de minerai de fer ou de nickel vers la Chine, les cargos de retour doivent faire face à une quarantaine de quatorze jours avant de pouvoir repartir...

Cours du nickel à trois mois au LME de Londres ce mardi 18 février à 14H GMT : 12.947 dollars la tonne -1,54 %. Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, le cours du métal a chuté de plus de 7 %. L'éclairicie de lundi n'aura pas durée.

 
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