Kalash condamné à 15.000 euros d'amende et Admiral T relaxé dans l'affaire de l'altercation à Paris en 2014

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Samedi 15 novembre en fin de soirée, les chanteurs Admiral T et Kalash sont ressortis libres du palais de justice de Paris.
Samedi 15 novembre en fin de soirée, les chanteurs Admiral T et Kalash sont ressortis libres du palais de justice de Paris. ©Léia Santacroce
Jugé pour une altercation à Paris en 2014 avec trois policiers, le chanteur martiniquais Kalash a été condamné à payer 15 000 euros d'amende. De son côté, le guadeloupéen Admiral T est relaxé.
La 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris a rendu son délibéré ce mercredi 4 novembre dans l'affaire qui opposait les artistes antillais Kalash et Admiral T à trois policiers. Kalash est condamné à payer 15.000 euros d'amende, tandis qu'Admiral T est relaxé.

"En 2014 il était réclamé pour M. Valleray l'incarcération", rappelle Me Eddy Arneton, l'avocat de Kalash. "Après six ans on en vient à solliciter huit mois de prison avec sursis et on aboutit à une peine d'amende. Le tribunal démontre ainsi qu'il a eu beaucoup de mal à apprécier cette affaire et s'est retrouvé quelque peu coincé."

Lors de l'audience le 7 octobre dernier, le parquet avait requis 5.000 d'amende avec sursis contre Admiral T et huit mois avec sursis contre Kalash.
  

Divergence de versions

Ce dernier s'était longuement expliqué à la barre, racontant sa version de l'altercation qui l'a opposé à un policier dans les rues de Paris en 2014. Ce soir du 13 novembre, l'épouse d'Admiral T était en train de faire des images de son mari sur l'échelle d'un camion de pompier.

Un policier en civil qui rentrait chez lui assiste à la scène et intervient, sans se présenter selon les prévenus. Le téléphone de Jessica Campbell atterrit alors au sol et là, les versions divergent. Le policier affirme avoir voulu éloigner la lumière du flash qui le gênait, tandis que Kalash explique ne pas avoir "apprécié le geste sur Mme Campbell". Des coups tombent et là aussi, chacun avance des faits différents.

"Cette décision en demi-teinte démontre que le tribunal a constaté la légitimité de l'intervention de M. Valleray pour protéger Mme Campbell", affirme Me Arneton. "À défaut, il est évident que ce ne serait pas une peine d'amende. Un capitaine de police du 36 quai des Orfèvres qui serait une véritable victime aurait obtenu bien plus d'une juridiction."

Le tribunal a souhaité ménager, sans doutes, la susceptibilité de l'officier de police. Cependant, il est malheureux de constater qu'un homme qui se défend, qui défend les siens, se retrouve condamné, même à une peine d'amende.

Me Eddy Arneton, avocat de Kalash

  

Honneur rétabli

De son côté, l'avocat d'Admiral T, Me Michel Gabriel, estime que lui et son client ont été "écoutés" par le tribunal, dans cette affaire "qui n'aurait jamais dû se trouver là", mais regrette la condamnation de Kalash.

Me Michel Gabriel, au micro de Francis Gibrien et Bruno Gabetta :
©la1ere
 
"Il est important pour un artiste, quand il a une notoriété, qu'elle soit propre", a-t-il rappelé. À la barre, Admiral T avait en effet décrit son image "salie" depuis le début de cette affaire.

Sur les réseaux sociaux, Kalash a réagi avec humour en postant sur Twitter "Superman sera toujours là". Aucun des deux artistes n'a pour l'instant annoncé faire appel de la décision du tribunal. 
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