L'égalité réelle pour les Outre-mer au cœur du deuxième dîner annuel du Crefom

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Sept cent-cinquante personnes étaient réunies ce mercredi soir à Paris pour le désormais traditionnel dîner annuel du Crefom. Parmi les nombreuses personnalités réunies autour du président du Crefom, l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy et le Premier ministre Manuel Valls.
Dans un discours offensif,  le président du Crefom, Patrick Karam, a ouvert cette soirée en soulignant avec force le rôle essentiel des Outre-mer en France. "Les Outre-mer doivent devenir une priorité nationale." L'égalité réelle, mise en lumière par le récent remaniement ministériel, a été comme prévu au cœur des discours de ce dîner. La réduction des inégalités économiques et sociales qui subsistent entre l'Outre-mer et la métropole est la principale revendication du Créfom.
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Des Ultramarins ont souvent l'impression de n'être que des citoyens de seconde zone

Le Premier ministre Manuel Valls a promis qu'un projet de loi  serait présenté en Conseil des ministres "si possible avant l'été". Le Premier ministre n'a cependant pas fait d'annonces concrètes concernant les propositions du rapport de l'ancien ministre des Outre-mer Victorin Lurel (PS) sur le sujet, remis mardi au gouvernement.

Il a reconnu que "des Ultramarins ont souvent l'impression de n'être que des citoyens de seconde zone" et qu'il fallait "aller plus vite, c'est à dire agir par la loi". Il a chargé la ministre de l'Outre-mer, George Pau-Langevin, et la secrétaire d'Etat à l'égalité réelle Ericka Bareigts, présentes à ce dîner, de préparer un projet de loi "sur la base" des propositions du rapport Lurel, afin qu'il soit présenté en Conseil des ministres "si cela est possible avant l'été". "Soixante-dix ans après la loi de 1946 (sur la départementalisation de la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion, ndlr), l'adoption de cette loi serait un très beau symbole, et je ne doute pas que nous aurons un très large consensus sur ce thème", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy prêt à s'associer à un projet de loi sur l'égalité réelle

Invité également de ce dîner annuel, l'ancien Président de la République Nicolas Sarkozy a assuré que son groupe Les Républicains serait "prêt à s'associer" à "un projet de loi présenté par le gouvernement", sur le "principe d'un accord-cadre" sur la réduction des inégalités dans les Outre-mer. L'ancien Président de la République a affirmé que "les Outre-mer sont une chance et une opportunité pour la France".

Victorin Lurel veut un "big-bang économique" 

L'instance, qui agit pour la promotion des Outre-mer, avait déjà obtenu du président François Hollande, invité de son premier diner annuel en novembre 2014, un accord de principe sur un tel rattrapage économique. C'est dans cette perspective que le député de Guadeloupe Victorin Lurel, a été missionné. Dans son rapport, le député, également vice-président du Créfom, a fait 35 recommandations, déclinées en 75 propositions, prônant notamment "un état d'urgence social" et "un big-bang économique" pour réduire d'ici 25 ans les inégalités.
Pour Patrick Karam, ancien délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer de Nicolas Sarkozy, l'égalité économique doit être le "dernier chaînon", après l'égalité civique en 1848 (fin de l'esclavage), l'égalité politique (avec la départementalisation en 1946) et l'égalité sociale (loi Chirac). "Il est temps de placer l'Outre-mer en tête des priorités absolues", a-t-il dit.
 

Jean-Marc Mormeck nouveau délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer

Jean-Marc Morbeck
©PHILIPPE MILLEREAU / DPPI Media BERTRAND GUAY AFP

Manuel Valls a profité du dîner pour annoncer la nomination de l'ancien boxeur Jean-Marc Mormeck, également membre du Créfom, comme nouveau délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, en charge d'aider le gouvernement à définir les politiques relatives aux Ultramarins installés en métropole. Ce dernier s'est dit très honoré sur son compte Twitter.

Manuel Valls s'est par ailleurs dit "prêt à regarder" la suppression du mot "race" dans la constitution, interpellé sur ce point par Patrick Karam. Ce dernier a souligné que cette suppression "ne supprimera pas le racisme" mais enlèverait les arguments de ceux qui pensent qu'il existe des races humaines et les "hiérarchisent".