L'enquête sur la mort de l'ingénieur martiniquais enseveli cet été requalifiée en "homicide involontaire contre X"

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©Le chantier de la SNCF près de la gare de Massy (Essonne) dans lequel un ingénieur est décédé dimanche 25 juillet 2021. (JPNVHB / MAXPPP)
Guibert Rigah a été enseveli le 25 juillet dernier alors qu'il travaillait sur un chantier près de la gare de Massy-Palaiseau, en région parisienne. La demande de requalification de l'enquête était portée par l'avocat de la famille de la victime.

Les investigations sur la mort de l'ingénieur martiniquais de la SNCF Guibert Rigah lors de l'éboulement d'un chantier à Massy-Palaiseau (Essonne) en juillet, qui avait perturbé le trafic et causé l'émoi des syndicats, ont été requalifiées en enquête pour "homicide involontaire contre X". L'instruction avait d'abord été ouverte pour "recherches des causes de la mort" de ce salarié de 54 ans, enseveli le 25 juillet par l'éboulement d'un puit de forage à proximité des voies, sur le chantier d'un pont à Massy-Palaiseau, à environ 25 km au sud de Paris.

Le 30 août, elle a été requalifiée en enquête pour "homicide involontaire contre X" et pour "infractions délictuelles au droit du travail", a indiqué jeudi le parquet d'Evry, sollicité par l'AFP. Cette demande de requalification a été portée par l'avocat de la famille de la victime, Yves Monerris, qui s'est dit "satisfait" de la décision.

"Les premiers éléments de l'enquête laissent à penser que les entreprises intervenantes n'avaient pas pris la pleine mesure des difficultés de résolution de problèmes liés au forage."

Me Monerris, l'avocat de la famille de la victime.


Au lendemain de l'éboulement qui a causé la mort de leur collègue, les syndicats de la SNCF avaient tous dit leur "émotion" et alerté sur "la dangerosité du secteur ferroviaire". "La sécurité des personnels et des circulations doit demeurer une priorité absolue. Cela passe par une maîtrise publique du réseau, avec des personnels formés et appliquant des règles strictes de sécurité", avait rappelé la CGT-Cheminots, qui avait promis de "mettre tout en oeuvre pour que la lumière soit faite sur les circonstances" du drame.

"Tirer les leçons"

L'Unsa ferroviaire avait pour sa part "exigé que des enseignements soient tirés" de l'accident et FO-Cheminots averti qu'il "suivr(ait) de près les conclusions des enquêtes en cours" ainsi que "les mesures qui devront être prises" pour "éviter de tels drames". Contactée jeudi 21 octobre par l'AFP, la direction de la SNCF a refusé de commenter cette affaire au motif qu'une procédure était en cours.


La recherche du corps de l'ingénieur avait été fastidieuse: il n'avait été retrouvé que cinq jours après l'accident. Les fouilles avaient été compliquées par l'environnement difficile du lieu de l'accident. Victime d'"un affaissement de terrain lors d'une tournée sur le chantier", l'homme était cadre et pilote d'opération à la direction de la modernisation du réseau, avait précisé au moment des faits la direction de la SNCF dans une note interne consultée par l'AFP.


Le PDG du groupe, Jean-Pierre Farandou, avait fait part de sa "vive émotion" et présenté ses condoléances "au nom de l'entreprise". Cet accident mortel avait entraîné l'interruption du trafic des TGV le dimanche en fin d'après-midi, jour du drame, entre la gare de Paris-Montparnasse et le Sud-Ouest. Le trafic n'était revenu à la normale que le lundi matin.