La karatéka martiniquaise Anne-Laure Florentin se réinvente et devient cheffe de projet marketing

karaté
La Martiniquaise Anne-Laure Florentin.
Selfie de la Martiniquaise Anne-Laure Florentin. ©ALF.
Début 2021 : un Covid long met fin à sa carrière de karatéka. La Martiniquaise Anne-Laure Florentin doit alors se reconstruire. Intérieurement. Et réfléchir à la suite. Depuis janvier dernier, elle évolue dans le marketing sportif. Une nouvelle vie et un nouveau défi qui lui correspondent.

La première. La toute première question. Évidente. Comment va Anne-Laure ? Car le Covid a fait de terribles ravages. Il a tué des millions de gens sur l'ensemble de la planète. Et déclenché des maladies graves chez certains patients. Des maladies difficilement soignables. Comme chez Anne-Laure Florentin. Une myocardite aigüe l'a obligée à mettre un terme à sa carrière de karatéka. En 2021, un simple footing lui déclenchait des palpitations. Et en 2022 ? "Il y a trois mois, j'ai ressenti des douleurs cardiaques lors d'une séance de sport un peu poussée. Je suis retournée voir mon cardiologue. Sa conclusion : j'ai toujours des séquelles de ma myocardite. Le sport de haut niveau est vraiment terminé pour moi. Mais ça va. J'ai pu passer ce cap en changeant d'activité."

 

En 2021, le karaté mais différemment

La trentième année d'Anne-Laure Florentin aurait pu longtemps conserver un goût amer. Une retraite sportive forcée. Des Jeux Olympiques de Tokyo qu'elle n'aura jamais pu vivre. De quoi ruminer cette injustice. Encore et encore. La Martiniquaise n'a pourtant pas eu le temps de se lamenter. Ses partenaires historiques ne l'ont pas lâchée. Son téléphone a beaucoup sonné. Et sa Fédération a été exemplaire. "Je me suis très vite retrouvée chargée de mission. Avec deux axes de travail : un plan de féminisation et la lutte contre la violence dans le sport."  

La triple championne d'Europe se transforme en animatrice de podcasts. Un rôle inédit qui lui a beaucoup plu. "Ça s'appelait le Karatalk. Les intervenants ne venaient pas forcément du monde du karaté. C'était une façon de confronter les expériences. Sans tabou." Le premier épisode abordait les violences sexuelles dans le sport. Un thème grave. Des retours positifs. "Libérer la parole permet toujours d'avancer. Cela permettait également de faire de la prévention. Des associations comme Fight for Dignity étaient présentes. Tout cela créait une vraie dynamique."

 

En 2022, le karaté avec du recul

En étant contrainte de se retirer des tatamis, Anne-Laure Florentin a forcément pris du recul avec le karaté. "Je ne suis plus dedans." Il n'empêche. Son ex-discipline est devenue olympique à Tokyo en 2021. Juste le temps d'une Olympiade. Donc, plus de karaté au programme de Paris 2024. Frustrante réalité. "Peut-être, mais il faut l'accepter. Le karaté a repris sa route d'avant-JO. Les objectifs ne sont plus olympiques mais européens et mondiaux."  

La Martiniquaise a quitté les tatamis sans pour autant quitter son club de l'AS Évry. Après avoir été la karatéka vedette de l'équipe, la voici désormais… "présidente ! J'ai accepté le poste de présidente de l'AS Évry. Même si j'avoue que depuis le début de l'année 2022, avec mes nouvelles fonctions dans le marketing sportif, c'est compliqué. Heureusement que l'équipe dirigeante qui m'entoure, est solide."

La Martiniquaise Anne-Laure Florentin en action.
La Martiniquaise Anne-Laure Florentin en pleine interview de Teddy Riner. ©Twitter Anne-Laure Florentin.

 

Nouvelle carrière dans le marketing sportif

Depuis janvier dernier, Anne-Laure est cheffe de projet marketing chez Publicis Sport. "Je ne suis pas trop dépaysée. Cette filiale de Publicis a été fondée par Guillaume Cossou, ancien karatéka lui aussi." Nouveau rythme. "Je n'ai pas le temps de m'ennuyer." Nouvelle approche. "Ma carrière de haut-niveau m'a donné un œil de compétitrice. Sauf qu'aujourd'hui, mon regard doit être différent." Et une ambition inchangée. "J'ai envie d'apprendre un maximum. De progresser. Il faut juste que je passe mes grades. Comme au karaté."  

En ce moment, les clients de la Martiniquaise l'amènent très souvent dans des salles de basket. Anne-Laure n'est pas dépaysée pour autant. "Le sport reste une petite famille. Même si je n'ai plus le même statut aujourd'hui. Ceci étant, ça m'aide à prendre du recul." Et bonne nouvelle : Anne-Laure Florentin participera aux Jeux Olympiques de Paris 2024. "Pardon ?" Oui, avec Publicis Sport. "Ah, c'est vrai ! Nous serons là pour accompagner les marques et les Comités dans leurs stratégies de communication et leurs actions sur le terrain." Pas belle, la vie ?

La Martiniquaise Anne-Laure Florentin (complètement à droite) dans ses nouvelles fonctions lors de l'opération Betclic Ballerz Challenge. ©Christophe Canet.