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La légende des rugbymen wallisiens bientôt sur grand écran

Le réalisateur Sacha Wolff s’est intéressé aux Wallisiens évoluant dans les championnats de rugby français. Recrutés pour leur physique hors-norme, ils quittent leur île très jeunes. Une fiction évoque leur histoire, « Mercenaires ». Rencontre avec l'acteur principal : Toki Pilioko. 

Toki Pilioko vit à Aurillac depuis 3 ans. © ALB
© ALB Toki Pilioko vit à Aurillac depuis 3 ans.
  • Par Angélique Le Bouter
  • Publié le , mis à jour le
Dans "Mercenaire", les rugbymen wallisiens font leur cinéma. Et il faut bien un écran géant pour faire tenir ces colosses du Pacifique. Prenez l’acteur principal, Toki Pilioko : 20 ans à peine, 1m83 et 120 kg tout en muscle. Ou presque. Car pendant plusieurs mois, le cinéma a tenu ce jeune Wallisien éloigné des terrains d’entrainement. Mais pas vraiment du rugby. 
Sacha Wolff (à droite) pendant le montage de Mercenaire © ALB
© ALB Sacha Wolff (à droite) pendant le montage de Mercenaire

« Mercenaires » est le 1er long métrage du réalisateur Sacha Wolff. Toki y joue le rôle de Soane. Jeune Wallisien de Nouméa, comme lui, le héro quitte la Nouvelle-Calédonie pour suivre une formation dans un club de rugby métropolitain. Les points communs avec l’acteur s’arrêtent là. Soane brave l’autorité paternelle, se coupe de ses racines. 

Le rugby presque par hasard

Toki, lui, a le soutien de ses proches. Bien-sûr, ils lui manquent, et parfois, il essuie des coups de blues : « Comme tous les gars des îles qui viennent ici. On a réfléchi avant de prendre l’avion. Et on se dit que, comme on est monté dans cet avion, on ne peut plus reculer. Et voilà, le lendemain, c’est reparti de plus belle. »
 
Né dans une famille d’origine wallisienne, Toki Pilioko grandit à Nouméa. Et c’est sur le caillou qu’il découvre le rugby, presque par hasard. Il touche son premier ballon ovale à 17 ans. Plus habitué au volley et à la pétanque – il est licencié d’un club de pétanque du caillou, ce grand gaillard avait décroché du système scolaire. Repéré sur un terrain alors qu’il échange quelques balles avec ses cousins, il saisit l’opportunité. Encouragé par ses parents, il se met à rêver de faire carrière en métropole. 
Terrain d'entraînement du Stade Aurillacois

Sur le terrain, ce soir-là, Toki grimace. Sous une pluie fine et froide, il s’entraine avec les jeunes pousses du Stade Aurillacois. « C’est dur, je suis essoufflé, il faut que je travaille le cardio ! » Un mois et demi qu’il n’a pas chaussé les crampons, car il suivait une formation de sécurité incendie.

L'espoir d'un "petit contrat pro"

Au total, ils sont 24 joueurs au centre de formation du Stade Aurillacois, un club professionnel de 2è division. Ils espèrent un jour signer un contrat avec un club professionnel. Tous n’y parviendront pas. Alors, à côté du rugby, ils poursuivent des études : baccalauréat pour certains, BTS agricole pour d’autres.

Toki, lui, n’a jamais trop aimé l’école. Son rêve : signer « un petit contrat pro » d’ici un an ou deux. Pourquoi pas au Stade Aurillacois. Mais avant cela, il devra s’améliorer en mêlée. Le poste de pilier qu'on lui a attribué l’oblige à être puissant. 

Tous les jours, Toki doit soulever de la fonte. © ALB
© ALB Tous les jours, Toki doit soulever de la fonte.
« Ces jours-ci, je soulève 145 kg. L’idée, c’est de monter progressivement à 165, comme l’année dernière. » La muscu, Toki avoue pourtant qu'il n’aime pas trop ça : « Je viens parce que je suis obligé, pour le rugby. Du moment que je suis avec mes potes, qu’on fait les activités ensemble, je suis content. » 
 
 Angélique Le Bouter et Thierry Ravalet ont rencontré Toli Pilioko à Aurillac. Regardez leur reportage : 

Tokio Pilioko

 

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