La Martiniquaise Iliana Rupert sur tous les fronts du basket : français, européen, olympique, américain…

basket-ball
La basketteuse martiniquaise Iliana Rupert.
Selfie de la Martiniquaise Iliana Rupert. ©IR.

Iliana Rupert. 19 ans. Talent. Maturité. Cherchez l'intrus ? Il n'y en a pas. La basketteuse martiniquaise de Bourges et de l'équipe de France a déjà le talent et la maturité pour s'imposer. Que ce soit en Euroligue, aux Jeux Olympiques et pourquoi pas, en Ligue américaine…

Certains vous diront que tout s'explique. Iliana étant la fille de Thierry Rupert, ancien international disparu en 2013, elle a baigné dans l'univers basket depuis sa naissance. La Martiniquaise a appris à dribbler avant même de savoir marcher. D'où son talent précoce et éclatant aujourd'hui. Malheureusement, tout cela est un peu trop simpliste. Réducteur. Iliana Rupert a certes bénéficié des meilleurs enseignements possibles. Auprès de son père tout d'abord, puis au Pôle des Pays de la Loire avant le prestigieux Centre Fédéral à l'INSEP. Mais Iliana a aussi beaucoup travaillé. Avec conviction. Et passion. Ses succès présents ne sont que les conséquences du travail passé. Quant à sa maturité, elle lui permet d'affronter au mieux tous les aléas du moment : pandémie, JO menacés, blessure…

La basketteuse martiniquaise Iliana Rupert.
La Martiniquaise Iliana Rupert sous le maillot de l'équipe de France. Une image déjà classique alors que la basketteuse n'a pas encore 20 ans. ©FIBA.

Savoir relativiser

Elle y a droit tous les lundis. Comme l'ensemble des joueuses de la Ligue féminine de basket. Test PCR au menu. Drôle d'époque. Le coronavirus a transformé la saison 2020/2021 en une véritable bulle sanitaire. "Nous avons appris à vivre avec, admet Iliana Rupert. Ceci étant, nous ne sommes pas à plaindre. Pensez à celles et ceux qui sont touchés sur le plan médical ou économique... En ce qui nous concerne, nous continuons à vivre notre passion au quotidien."

À un seul petit détail près. Qui dit bulle sanitaire dit aussi matchs à huis clos. Lorsqu'on évolue à Bourges, club phare du basket féminin tricolore, cette simple mesure change la donne. "J'avoue que c'est très bizarre. Habituellement, nos supporters nous poussent d'une manière incroyable. D'ailleurs, lorsque nous les croisons dans les rues de la ville, nous ressentons bien leur frustration face à la situation actuelle. Heureusement, le club pense à eux en développant de nombreux outils digitaux. Le lien n'est ainsi pas rompu mais c'est vrai qu'ils nous manquent."

Iliana Rupert a appris à relativiser les choses. À l'automne dernier, une blessure lui a aussi permis de franchir un cap. Un simple bobo à la cheville s'est révélé plus grave que prévu. Bilan : deux mois d'arrêt. Deux mois de soins. Un événement que la Martiniquaise a su positiver. "J'ai pu me faire soigner à l'INSEP. J'avais à disposition des kinés à temps plein. Ainsi que la préparatrice physique de l'équipe de France. C'est un travail qu'on ne peut pas faire en temps normal durant une saison. Je suis revenue début janvier. L'Euroligue m'attendait et j'avoue que je suis plutôt contente de mon état de forme. Le travail a payé."

 

Des ambitions toujours plus élevées

Un retour tonitruant avec le Tango Bourges Basket. Puis un stage avec l'équipe de France, la semaine passée à Toulouse. Deux matchs amicaux contre les voisines espagnoles étaient même programmés. Avant qu'un cas positif au Covid-19 côté ibérique n'entraîne l'annulation des rencontres. "Au moins, nous avons pu nous retrouver. Et réenfiler le maillot France que nous n'avions plus porté depuis un an. C'est important car nous avons des rendez-vous majeurs en 2021 : l'Euro et les Jeux Olympiques."

Des JO de Tokyo toujours incertains. Même si le CIO affirme le contraire. L'état sanitaire de la planète sera le seul décisionnaire. L'annulation des Jeux Olympiques ? Iliana Rupert ne veut pas en entendre parler. "Je ne peux même pas l'envisager. Il s'agit de mes premiers JO. J'ai ma part dans la qualification des Bleues. Donc… ils auront bien lieu. Je veux y croire. À ce jour, le pire scénario que je m'autorise à accepter, ce sont des JO à huis clos. Sans ferveur populaire. Juste ça."

Fin de saison avec Bourges. Euro et JO avec l'équipe de France en juin et en juillet. Avant quelques jours de vacances ? Pas vraiment. La Martiniquaise pourrait enchaîner avec la WNBA, la ligue d'été du basket féminin américain. À 19 ans, Iliana ne se fixe aucune limite. "La WNBA a toujours fait partie de mes rêves de joueuse. La draft aura lieu en avril. Pour l'instant, je n'y pense pas. Je dois déjà revenir à 100 % de ma blessure. Mais j'ai conscience qu'un contrat en WNBA serait énorme…"

 

19 ans et déjà incontournable

Et dire qu'il y a encore trois ans, Iliana Rupert terminait sa formation au Centre Fédéral. La voilà aujourd'hui parmi les meilleures joueuses en Europe. Quelle fulgurance… "Je reconnais que ça va très vite. Même si de l'intérieur, on ne s'en rend pas forcément compte." 19 ans et déjà un palmarès. 19 ans et déjà une vision. "Comme j'ai des objectifs personnels élevés, je suis parfois très dure avec moi-même. C'est comme un cercle vicieux. Plus on en a et plus on en veut."

Iliana s'inscrit ainsi dans la lignée de ces joueuses martiniquaises qui font briller l'équipe de France depuis la fin des années 90 : Lesdema, Antibe, Dijon, Amant, Gruda… "Petite, avec mon père, je suivais davantage le basket masculin. Mais plus je grandis et plus je mesure l'impact des joueuses de la Martinique. Et pas uniquement d'ailleurs dans le basket. Il y a un tel potentiel. Un tel engouement aussi. À chaque fois que je rentre en Martinique, j'ai l'impression d'être une super star !"

Une super star qui veille sur un autre Rupert. Rayan, son frère. Plus petit. Pardon : plus jeune, 16 ans. Car sous la toise… "Il m'a dépassé ! s'amuse Iliana. Rayan mesure désormais 1 mètre 98 ou quelque chose comme ça. Il suit mes traces puisqu'il est en formation au Centre Fédéral." La saga Rupert n'est donc pas prête de s'arrêter. Sur les parquets, Iliana et Rayan devraient briller durant de longues années. "Nous partageons une même passion pour le basket. Nous sommes également très proches. Ma mère aide beaucoup Rayan sur le plan mental. Pour ma part, je suis plus dans la technique avec lui. Mais je demeure admirative de tout ce qu'il réussit. Une grande sœur très fière du parcours de son petit frère !"