LABALAVI : entre l’Hexagone et leurs terres de coeur, des Français d’Outre-mer se racontent dans une série documentaire

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LABALAVI
De gauche à droite : Migail Montlouis-Félicité, Mak Paro, Joseph Horth et Estelle-Sarah Bulle ©Cédrick-Isham Calvados / LABALAVI

Dès aujourd'hui et pendant six semaines, Cédrick-Isham et Kelly Pujar racontent la vie dans l’Hexagone de Français originaires des Outre-mer. Ils retracent les parcours d'Antillais, de Guyanais et de Réunionnais qui ont choisi - ou sont les héritiers - d'une aventure pas toujours évidente.

La première saison de LABALAVI démarre ce 8 février sur la plateforme Outre-mer la 1ère. Deux fois par semaine, les lundis et jeudis, retrouvez un épisode de cette série-documentaire inédite dans les pas d'Ultramarins qui résident aujourd'hui dans l'Hexagone. S'ils se trouvent à des milliers de kilomètres, ils n'en gardent pas moins un lien très fort avec leurs territoires de coeur. Une vie entre là-bas et ici :

 

Pour cette première saison, le réalisateur Cédrick-Isham, d’origine guadeloupéenne, et l’autrice Kelly Pujar, d'origine martiniquaise, sont allés à la rencontre de 17 Ultramarins vivant en Île-de-France. A l'origine, le projet devait s'étendre à tout l'Hexagone, mais la crise sanitaire qui a suivi la découverte des premiers cas de coronavirus a réduit les possibilités de tournages et d'interactions. 

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Kelly Pujar et Cédrick-Isham sur le tournage d'un épisode de LABALAVI ©LABALAVI

 

Les enfants du BUMIDOM et leurs "héritiers"

17 personnes sont à l'affiche de cette première saison de LABALAVI qui se décline en 12 épisodes de huit minutes. Certains des protagonistes sont arrivés dans l'Hexagone par le BUMIDOM, le bureau pour le développement des migrations dans les départements d'Outre-mer. D'autres non. Si les profils sont très variés, tous ont un point commun : ils espèrent, au moment de partir, une vie meilleure. 

De 1963 à 1981, le BUMIDOM a encouragé l’émigration de Français des département d’Outre-mer dans le cadre du travail. C'est l'une des politiques qui a fortement influencé l'arrivée de nombreux Antillais, Guyanais et Réunionnais dans l'Hexagone. Mais depuis 1981, les migrations continuent : "on s’est intéressés aussi aux enfants du BUMIDOM, les héritiers de cette histoire, explique Kelly Pujar, journaliste et autrice de la série. Et on s'est interrogés sur cette migration-là qui s’est faite en-dehors du cadre institutionnel de cette agence d’Etat." 

Parcours célèbres et anonymes

Avec cette série, Cédrick-Isham et Kelly Pujar ont voulu mettre en évidence le tiraillement entre deux mondes de ces Ultramarins installés dans l'Hexagone. "L'objectif est de recueillir des histoires de vie, d’explorer des sentiments profonds et de mettre en lumière des luttes et des combats de tous les jours", expliquent-ils. 

Nous donnons la parole à ces habitants d’Outre-mer qui souvent ont le sentiment d'être "des citoyens à part", afin qu'ils deviennent "des citoyens à part entière". 

Cédrick-Isham et Kelly Pujar

 

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De gauche à droite : Dédé Saint-Prix, Johana Malédon, Patrice Guezello alias Papang et Gisèle Bourquin ©Cédrick-Isham Calvados / LABALAVI

 

"On a vraiment voulu donner la parole à des gens qui ont des parcours très différents", dit Kelly Pujar. Des artistes ont accepté de se prêter au jeu : le musicien martiniquais Dédé Saint-Prix, l'actrice guyanaise Stana Roumillac, le conteur réunionnais Patrice Guezello dit Papang ou encore l'autrice guadeloupéenne Estelle-Sarah Bulle. Mais LABALAVI se concentre aussi sur le parcours d’anonymes aux métiers variés et aux profils singuliers. 

Un travail sur l’identité

Les premiers pas dans l’Hexagone qui suivent, pour certains, une rupture familiale, le défi personnel et professionnel, l'adaptation à un nouveau territoire, la vie loin de ses racines... Autant de sujets abordés pour tenter de dessiner les identités des Ultramarins de l'Hexagone. "On s’est rendu compte qu’il y avait des thématiques qui revenaient beaucoup, des choses touchantes et troublantes parfois. Le thème des souvenirs d’enfance, ce qui interpelait les sens des protagonistes quand ils étaient petits. Cela met en lumière le fait que ces territoires, même s'ils ont évolué, étaient très ruraux au départ, comme le prouvent tous les souvenirs qui y sont liés." 

La langue est aussi l'un des thèmes phares du programme : le rapport des uns et des autres au créole, qui "relève de la sphère intime" mais qui "révèle aussi la relation de l’Etat avec ces territoires" au vue des politiques de découragement de l'emploi du créole notamment jusqu'aux années 80. La question du racisme est soulevée : "comment ces migrants des Outre-mer ont-ils vécu le rapport à l’autre, comment se sont-ils découverts? Les Ultramarins qui dessinent des réponses ont des profils très variés."

Des enjeux sociétaux

"D’ici 2040, 40% de la population auraient plus de 60 ans aux Antilles. Et seulement 22% auraient moins de 20 ans", note Kelly Pujar, interpellée par un véritable enjeu sociétal : les départs massifs des jeunes actifs des Outre-mer se superposent au vieillissement de la population. "Pourquoi les jeunes partent-ils? Pourquoi y-a-t-il encore cette attraction vers la France hexagonale?" s'interroge la Martiniquaise. 

Les témoignages de LABALAVI esquissent quelques pistes de réponse : "l’histoire entre la France et les Outre-mer n’est pas finie, le lien n’est pas coupé, note Kelly Pujar. C’est toujours vu comme une nécessité. Pourquoi il n’y a pas encore toutes les formations possibles sur place, pourquoi faut-il venir dans l'Hexagone pour se soigner? Ça soulève énormément de questions de société."

Pour aller plus loin, écoutez Kelly Pujar au micro de Tessa Graumann : 

Kelly Pujar raconte LABALAVI

 

Chaque semaine à partir d'aujourd'hui, deux épisodes seront publiés sur Outre-mer la 1ère, le lundi et le jeudi à 16h (heure de l’Hexagone). 

Découvrez tout de suite le premier épisode :