Lancement d'une consultation citoyenne sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie

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Le drapeau du FLNKS flotte sur Poindimié (côte est). ©Theo Rouby / AFP

Le haut-commissaire de la République annonce l'organisation de sondages téléphoniques, de débats et la mise en place d'une plateforme numérique pour permettre aux Calédoniens de s'exprimer sur l'avenir institutionnel du territoire. Les résultats de la consultation seront restitués fin mars.

Une grande consultation de la société civile va être lancée en Nouvelle-Calédonie sur les enjeux de l'avenir institutionnel avant un troisième référendum sur l'indépendance qui devrait se tenir d'ici 2022, a annoncé jeudi le haut-commissaire de la République.

"Il s'agit de permettre à la société calédonienne de contribuer à la réflexion qui est ouverte sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, et d'enrichir le dialogue politique", a déclaré Laurent Prévost, lors d'une conférence de presse.      

Cette consultation avait officiellement été annoncée à la population  lundi par le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, lors d'une allocution sur Nouvelle-Calédonie la 1ère.

Sondages téléphoniques, plateforme numérique et débats

L'initiative va s'articuler autour de cinq dispositifs: "une écoute profonde" en face à face et par téléphone d'un échantillon de 1 100 personnes représentatives, une plateforme numérique ouverte aux corps intermédiaires, un débat avec la jeunesse ainsi qu'un dialogue avec le monde économique et social et des entretiens avec les 33 maires.        

Les thèmes majeurs retenus portent sur "les liens avec la France, l'indépendance et la souveraineté au XXIe siècle, ou l'identité française dans le Pacifique". Les enjeux climatiques, la répartition des richesses et la place de la Nouvelle-Calédonie dans l'axe Indo-Pacifique sont également au menu de cette consultation.

Restitution d'ici mars 

Le résultat de la consultation sera rendu public fin mars 2021, avant la date butoir du 4 avril à partir de laquelle un tiers au minimum des élus du Congrès (assemblée délibérante) peut demander à l'Etat d'organiser un troisième et ultime référendum sur l'indépendance, dans le cadre de l'accord de Nouméa (1998).      

Cette démarche participative intervient alors que les discussions initiées fin octobre par M. Lecornu à Nouméa avec dix dirigeants non indépendantistes et indépendantistes sont en panne, en raison d'un conflit sur la reprise d'une importante usine de nickel. Le FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak Socialiste) a fait du règlement de ce dossier sensible un préalable aux négociations destinées à préparer "l'après accord de Nouméa".  

Le deuxième référendum d'autodétermination du 4 octobre dernier a été remporté d'une courte avance par les pro-français (53,3%).

Retrouvez l'intervention de Laurent Prévost :