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Le cours du nickel préservé par le week-end de Pâques et la fermeture du LME

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Bourse des métaux de Londres. Autour de la corbeille.
Bourse des métaux de Londres. Le ring du nickel où s'affrontent l'offre et la demande. ©Alain Jeannin
Les valeurs boursières des trois sociétés métallurgiques présentes en Nouvelle-Calédonie sont en baisse de plus de 4 % cette semaine. Des ventes fortes, des prises de bénéfice et les secousses qui ont agité la City de Londres expliquant ce revers. Le LME est fermé jusqu’à mardi prochain.
Un environnement incertain. Le marché des métaux de Londres est hésitant. Si la plupart des analystes s’accordent à dire que le prix du nickel a fini de baisser, ils estiment aussi que la baisse de la production mondiale n'ira pas plus loin. Ce nouveau frein à la reprise fait partie des mauvaises surprises ou des chocs qui ont atteint le LME cette semaine.
 

Le London Metal Exchange est fermé  

Le long week-end de Pâques va permettre de relativiser et d'éloigner, pour quelques jours, la poussée du dollar et la rechute des cours du pétrole et du minerai de fer qui avaient atteint jeudi l’ensemble des matières premières. Malgré tout, le nickel préserve une mince progression de 0,24 % dans un marché atone où la demande a été faible. D’autres nouvelles, en provenance de la City de Londres, comme les craintes entourant l’activité de financement des entreprises liées aux matières premières, ont mis la pression sur les compagnies minières et métallurgiques.

Deux banques de la City, très exposées aux matières premières, ont souffert à la bourse de Londres. Australia & New Zealand Group, l’une des banques australiennes les plus exposées, a averti que sa situation se dégradait compte tenu des pertes conséquentes subies par les entreprises minières. Un autre établissement de financement du secteur, Standard Chartered, qui réalise 65 % de son activité dans la zone Asie-Pacifique, a lourdement chuté, la banque étant exposée, elle aussi, au secteur des matières premières.

L’Indonésie déçue des résultats de son embargo

Le gouvernement indonésien s’est déclaré déçu par les résultats de son embargo (ban) sur les exportations de minerai de nickel. Les recettes d’exportation et les emplois ont fortement chuté sans véritable contrepartie. « Les projets d’usines métallurgiques envisagés avec les raffineries chinoises de ferronickel low-cost (NPI) ont été reportés en raison de la baisse des cours du nickel », indique le consultant Oryx Commodity qui conseille l’industrie allemande de l’acier inoxydable pour ses achats de nickel. L’analyste s’efforce de rester confiant, il ne remet pas en cause ses prévisions de reprise pour les cours du nickel mais conclut en indiquant que « le chemin est encore long ».

Imprévisible nickel

Aux Philippines, 27 mines de nickel ont décidé de réduire leur production de 20 % en 2016. Ces producteurs espéraient bénéficier de l'embargo indonésien mais ils ont subi l'effondrement de la valeur du minerai et le "diktat" des négociants chinois. Pour finir sur une note un peu plus optimiste, les stocks mondiaux de nickel sont en baisse de 11 000 tonnes au mois de mars. La banque australienne Macquarie prévoit même "un déficit de l'offre de 79 000 tonnes de nickel en 2016 et de 65 000 tonnes en 2017".
Mais, Macquarie s'est parfois trompée dans ses prévisions... En attendant, il reste toujours 431 000 tonnes de métal disponibles dans les entrepôts mondiaux du LME...