Législatives en Polynésie : le Tavini indépendantiste gagne du terrain, le Tapura du président Édouard Fritch reste en tête

Avant le premier tour, présentation des candidats aux législatives du Tavini Huiraatira. Tous passent au second tour.
Les Polynésiens ont ouvert le bal des élections législatives ce samedi. Pour la première fois, les candidats du parti indépendantiste d'Oscar Temaru seront présents dans les trois circonscriptions lors du second tour. Ils affronteront le Tapura, allié au parti présidentiel.

Avec une semaine d'avance sur l'Hexagone et le reste des territoires d'Outre-mer, la Polynésie française a voté lors du premier tour des élections législatives samedi 4 juin pour désigner les trois députés qui représenteront le fenua à l'Assemblée nationale.

Seuls 42,21 % des électeurs se sont déplacés ce week-end pour glisser leur bulletin dans l'urne, a indiqué le Haut-commissariat. Un taux de participation quasi identique à celui d'il y a cinq ans (42,07 %).

Retrouvez le détail des résultats dans la 1ʳᵉ circonscription, dans la 2ᵉ circonscription et dans la 3ᵉ circonscription sur le site de Polynésie la 1ère.

  • Quel sort pour les sortants ?


Trois députés seront élus au soir du second tour des élections législatives en Polynésie.

Maina Sage, actuelle députée de la 1ʳᵉ circonscription, ne s'est pas représentée, après deux mandats au Palais Bourbon. Son siège reviendra donc soit à Nicole Bouteau, issue du même parti, ou à Tematai Le Gayic, du Tavini, arrivé deuxième.

Nicole Sanquer a été élue en 2017 avec le Tapura huiraatira, parti autonomiste au pouvoir en Polynésie. Mais depuis, elle a quitté la formation dirigée par le président Édouard Fritch. Samedi, elle a été éliminée dès le premier tour dans la 2ᵉ circonscription du territoire, devancée par la candidate du Tapura huiraatira et celui du Tavini huiraatira.

Moetai Brotherson, premier représentant indépendantiste élu à l'Assemblée nationale en 2017, est arrivé en tête (34,26 %) dans la 3ᵉ circonscription, légèrement devant le candidat du Tapura huiraatira, Tuterai Tuhamai (32,04 %).

  • Le Tavini, parti indépendantiste polynésien, deuxième force politique

Le Tavini huiraatira réussit, pour la première fois, à se qualifier dans toutes les circonscriptions pour le second tour des élections législatives, qui aura lieu le 18 juin. Avec un seul député sortant, le parti ambitionne désormais d'envoyer trois élus à Paris.


En 2017, seul Moetai Brotherson avait réussi à passer le premier tour. Cette année, Tematai Le Gayic (21 ans) et Steve Chailloux (36 ans) sont également dans la course. Ils ont terminé deuxième dans leurs circonscriptions respectives, avec 20,11 % des voix pour le premier et 28,84 % pour le second.

Le Tavini, parti indépendantiste présidé par Oscar Temaru, a regroupé 23 500 voix lors du premier tour des législatives. Une hausse de 33 % comparé au scrutin d'il y a cinq ans.

  • Le Tapura remporte le scrutin, mais perd des voix

Le Tapura huiraatira, allié à la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale, ressort vainqueur de ce premier tour des élections législatives. Le parti autonomiste a recueilli plus de 30 500 voix, soit 36 % des votes polynésiens.

Le Tavini, lui, a engrangé 27,5 % des voix et le Amuitahiraa, parti autonomiste d'inspiration gaulliste, n'a convaincu que 13,8 % des électeurs.

Le parti du président Edouard Fritch a néanmoins perdu près de 6 000 voix en cinq ans. Dans la 1ʳᵉ circonscription, la candidate choisie pour remplacer Maina Sage, Nicole Bouteau, devrait être élue facilement le 18 juin - elle a recueilli 41,9 % des voix lors du premier tour.

1ere circonscription

En revanche, les duels devraient être plus serrés dans les deux autres circonscriptions. Le résultat dépendra en partie du report des voix du parti de Gaston Flosse (Amuitahiraa) et des voix obtenues par la députée sortante Nicole Sanquer, arrivée troisième avec 17,3 % des votes dans la 2ᵉ circonscription.

  • Tapura vs Tavini : duels à distance du parti présidentiel contre la NUPES

Dans les trois circonscriptions polynésiennes, le second tour opposera le candidat du Tapura huiraatira à celui du Tavini huiraatira. Une première au fenua. Une configuration intéressante, d'autant que ces deux partis s'inscrivent dans la bataille politique qui se joue à l'échelle nationale entre le parti d'Emmanuel Macron et l'alliance de la gauche menée par Jean-Luc Mélenchon.

Teriitahi et Chailloux, l'affiche du 2e tour.

3e circonscription


À l'Assemblée nationale, le Tapura est lié à la coalition du parti d'Emmanuel Macron. Le député Tavini, qui siégeait jusque-là dans le groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine) à Paris, est, lui, rangé derrière la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (NUPES), qui regroupe La France insoumise, le Parti socialiste, EELV et le Parti communiste.

Difficile, néanmoins, de transposer les enjeux politiques nationaux dans le duel Tapura contre Tavini qui se dessine en Polynésie. Les problématiques locales l'emportent largement dans ce scrutin, qui a attiré plus d'électeurs que le premier tour de l'élection présidentielle du mois d'avril (42 % aux législatives contre 30 % à la présidentielle). La question, pour les Polynésiens, sera davantage de savoir s'ils veulent élire un représentant autonomiste ou indépendantiste pour porter leur voix à Paris.