Les 60 ans du statut de Wallis-et-Futuna à l'honneur dans l'Hexagone

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Les 60 ans du statut de Wallis-et-Futuna à l'honneur dans l'Hexagone
Les Wallisiens et les Futuniens de l'hexagone se sont retrouvés au Mans les 30 et 31 juillet pour célébrer les 60 ans du statut de 1961 ©Sarah Vildeuil
Dans l’Hexagone aussi, les Wallisiens et les Futuniens ont célébré les 60 ans du statut de 1961. Pendant deux jours, ils se sont réunis au Mans (30-31 juillet) pour la première fois, pour fêter, comme il se doit, le texte qui a fait de Wallis-et-Futuna un territoire français d’Outre-mer.

Les Wallisiens et les Futuniens de l’Hexagone ont tenu eux aussi à célébrer le 60e anniversaire du statut de 1961. Le 30 et 31 juillet, ils se sont réunis dans la ville du Mans en l’honneur de la loi qui a fait de Wallis-et-Futuna un territoire français d’Outre-mer. C’est une première en métropole, organisée par la fédération des associations de Wallis-et-Futuna en France. Parmi les événements prévus, des stands de produits artisanaux, des chants, des danses, pour mieux faire connaître cette culture, mais aussi permettre à la communauté de se retrouver.

Comme au pays

 Des colliers de coquillages, des fleurs, des paréos, "il y a tout ! Et puis sans oublier les aliments, les gâteaux". Fololina Savea est la secrétaire de l’association Sasima Oceania. Pour elle, cet événement, c’est comme si elle était un peu au pays.

On est content, parce que sinon on est chacun dans notre coin. Et c'est grâce à des événements comme ça qu'on voit qu'on est pas mal ici, de Wallis-et-Futuna.

Fololina Savea, secrétaire de l'association Sasima Oceania

 

À côté du Mans, il y a le 2e régiment d’infanterie de Marine, qui accueille pas mal d’Océaniens. Mais pour l’occasion, des Wallisiens et des Futuniens ont fait le déplacement de toute la France. Parmi eux, il y a Sisman, 16 ans, qui vit dans le Sud-Est de la France. Il est né à Wallis-et-Futuna, y est allé plusieurs fois. Il adore danser.

J'ai appris à danser comme ça, en regardant plusieurs vidéos. Je n'ai pas eu spécialement de groupe pour apprendre. J'ai appris de moi-même. Ça m'a fasciné de voir les gens danser.

Sisman

 

Fêter l’anniversaire du statut dans l’Hexagone, c’est une première pour la Fédération des associations de Wallis-et-Futuna en France. Et sa présidente, Malia Pipisega, en est très fière."Pour nous, c'est tout un honneur en tant qu'enfants du fenua, de pouvoir rassembler les associations, la communauté de Wallis-et-Futuna, ainsi que nos confrères, les Tahitiens, les Calédoniens, pour qu'on puisse se retrouver". C’est aussi une manière pour les Wallisiens et les Futuniens de faire connaître un peu plus leur culture. 

Vers une évolution du statut ?

Parmi les autres événements proposés ce week-end, il y avait aussi une conférence sur les 60 ans du statut de Wallis-et-Futuna. Parmi les intervenants de cette conférence, Eva Gloanec, 79 ans. Elle a travaillé, aux côtés de son mari Camille Gloanec, ancien administrateur de Futuna, à la rédaction du statut du 29 juillet 1961. Lorsqu'on lui demande si ce statut a besoin d'évoluer, elle répond que "oui, mais si l'Assemblée territoriale s'entendait avec les rois, ils pourraient faire pour Wallis beaucoup de choses, affirme Eva Gloanec. Actuellement, l'Assemblée territoriale est à part, les rois et les chefs sont à part. L'Assemblée territoriale, c'est elle qui décide, c'est elle qui a les sous."

Si l'Assemblée territoriale travaille avec les rois et les chefs, je pense que ce serait une bonne idée. Wallis-et-Futuna marcherait mieux. Mais je ne sais pas si ça va se réaliser. Ce serait mon rêve. 

Eva Gloanec

 

Pour le sénateur Mikaele Kulimoetoke, qui a fait le déplacement au Mans, s'il doit y avoir une évolution du statut, c'est aussi concernant l'Assemblée territoriale. "Je suis un fervent défenseur de ce statut de 1961. Par contre, j'estime qu'il y a des modifications à y apporter; pas tout mais notamment sur le plan statutaire, le faire évoluer positivement pour le peuple wallisien et futunien. Je combats depuis 2012, poursuit le sénateur Mikaele Kulimoetoke, depuis que je suis dans l'Assemblée territoriale, à faire revenir l'Exécutif entre les mains de l'Assemblée territoriale, plutôt qu'entre les mains du représentant de l'Etat.

On peut parler ici de la décentralisation, avec les modifications de la Constitution en 2003, qui doivent faire aboutir naturellement à faire venir l'Exécutif à l'Assemblée locale tel que c'est stipulé dans ces modifications de la Constitution. 

Mikaele Kulimoetoke, sénateur

 

Une messe aux couleurs de Wallis-et-Futuna

La majorité des Wallisiens et des Futuniens sont très croyants et pour eux, il était impossible de célébrer les 60 ans du statut sans une messe. Pour l’occasion, la chorale de Brest a fait le déplacement. Malia, 20 ans en fait partie. Elle est originaire de Futuna. a nous a fait plaisir d'avoir animé la messe pour représenter Wallis-et-Futuna. Ça nous rappelle le pays, et surtout nos traditions et nos coutumes." 

C’est ce qui fait toute la beauté de ce moment pour le père Benoit, curé de la cathédrale du Mans. C’est la première fois qu’il célèbre une messe à la manière de Wallis-et-Futuna. "Ce qui est très beau, c'est qu'on les laisse vivre leur culture. Ce qui n'est pas très heureux, c'est quand on essaie de vouloir faire comme si."

Là, ils font avec leur culture, nous associe, et nous on profite aussi de leur manière de prier, de chanter, de danser. Et c'est très beau et très riche. 

Père Benoît, curé de la cathédrale du Mans

 

Christophe, de passage au Mans est venu voir une amie wallisienne. Il repart de la messe avec le sourire, et un collier. "C'est une messe qui est joyeuse, dansante, priante. Les chants, même si on ne comprend pas les paroles, on sent que les gens chantent avec leur cœur et on a envie de s'associer à leurs prières, tout simplement, de les suivre, et de prier en communion avec eux." Et ça lui a permis de connaître un peu mieux les Wallisiens et les Futuniens.