Les quartiers populaires Outre-mer, zones de galère, selon un rapport

Remise du rapport sur l'évolution des quartiers populaires à Hélène Geoffroy, secrétaire d'Etat à la ville
Hélène Geoffroy, secrétaire d’Etat à la ville s’est vue remettre aujourd’hui le dernier rapport de l’observatoire national de la politique de la ville. Selon ce dossier, les quartiers Outre-mer présentent des difficultés encore plus prononcées que ceux de l’hexagone. 
Selon le dernier rapport de l’Observatoire national de la politique de la ville, (ONPV, indépendant) qui porte sur l'année 2014, les quartiers prioritaires affichent un retard inouï en terme d'emploi, de santé ou d'éducation, en particulier Outre-mer.  
           

Un quart de la population Outre-mer dans les quartiers

Les départements et régions d’outre-mer ainsi que les collectivités d’outre-mer concernées par la politique de la ville comptent 218 quartiers où résident près d’un quart de leur population. Il existe cependant des écarts importants d’un territoire à l’autre. En Martinique, 7% de la population réside en quartier prioritaire, cette part s’élève à environ 70% à Mayotte.
 
Selon ce rapport, en Outre-Mer, un peu plus de 500 000 personnes vivent en quartier prioritaire dans les départements et régions d’Outre-Mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et La Réunion), 9700 à Saint-Martin et 73000 en Polynésie française. 


Chômage endémique

Selon le rapport 2015 de l'Observatoire national de la politique de la ville, le taux de chômage est ainsi de 26,7% dans ces quartiers, contre 10% ailleurs. "A partir du moment où le chômage reste très élevé dans notre pays, ça n'a pas pu aller mieux dans les quartiers populaires", commente Hélène Geoffroy, secrétaire d'Etat à la Ville,"Simplement, nos politiques ont permis d'éviter un décrochage", constate-t’elle.
 
Hélène Geoffroy, secrétaire d'Etat chargée de la Ville


Une population plus jeune

La situation des habitants de ces quartiers prioritaires ultra-marins est contrastée selon les territoires. Comme dans les quartiers prioritaires hexagonaux, la population y est en général plus jeune et ces quartiers ultra-marins ont une situation préoccupante en termes d’emploi et de chômage. Autre particularité : les familles monoparentales y sont  plus nombreuses. Enfin, si la plupart des collectivités d'Outre-mer comptent des locataires plus nombreux dans les quartiers prioritaires que dans le reste des communes, ce n’est pas le cas en Guyane ou à Saint-Martin.
  

Moins de médecins         

"La question de l'adresse, du quartier dont on est issu, construit un déterminisme insupportable", dénonce Hélène Geoffroy, ancienne député-maire de Vaulx-en-Velin, une commune pauvre de la banlieue lyonnaise. Les disparités sont énormes en terme d'accès à la santé, avec des médecins spécialistes libéraux "3,4 fois moins présents que sur l'ensemble de leurs agglomérations". Généralistes et infirmiers font également défaut (-35 et -29%).
 
       

Programmes de rénovations

Un Programme national de rénovation urbaine (PNRU) a permis entre 2004 et 2013 la rénovation et la construction de centaines de milliers de logements. Il devait totaliser 47 milliards d'euros d'investissements durant la période 2004-2013, dont 12 milliards de subventions de l'Etat, qui n'a versé que les deux tiers de ses engagements. Un deuxième programme de rénovation urbaine a été lancé fin 2014 pour dix ans, doté de 5 milliards d'euros. Davantage basé sur "l'humain", il vise à "mettre toutes les politiques dans la politique de la ville" pour mettre un terme à "l'apartheid social et territorial" en oeuvre en France, note la ministre.
 

Une ministre optimiste

"On est passé d'un stade incantatoire à une stade plus opératoire", se félicite Hélène Geoffroy, pour qui le résultat de ces politiques se verra "dans la durée", avec l'objectif avoué de davantage de "mixité" sociale dans les quartiers.