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La littérature haïtienne fait sa rentrée d’hiver

Chaque nouvelle année fait naître sa floraison de romans haïtiens, et 2018 ne déroge pas à la règle.

  • Par Christian Tortel
  • Publié le
Deux écrivaines d’abord, avec Yanick Lahens et Kettly Mars. Yanick Lahens (prix Femina 2014 pour «Bain de lune») publie «Douces déroutes» chez Sabine Wespieser, l’histoire de l’assassinat d’un juge dans la capitale haïtienne et de personnages qui l’environnent «vers l’inévitable déroute de leur condition d’êtres humains».

La face obscure du vaudou

Kettly Mars publie «L’ange du patriarche», sur la face obscure du vaudou dans les couples de Port-au-Prince, des «histoires de fantômes et d’esprits vengeurs». Rencontre prévue le 16 janvier 2018 à la librairie Le Divan, Paris dans le XVe arrondissement, à 19h. Une soirée où il sera aussi question d’un roman posthume d’une autre écrivaine haïtienne, Marie Vieux-Chauvet, connue pour son chef d’œuvre «Amour, Colère et Folie». Les éditions Zellige viennent de rééditer son roman méconnu, «Les Rapaces», titre transparent pour un réquisitoire dressé contre le régime duvaliériste.

Au passage, notons la participation de l’académicien Dany Laferrière à la Nuit de la lecture, le 20 janvier, «La nuit mauve de Dany Laferrière» (avec le musicien Nicolas Repac). "Il y a des gens qui se revoient, dans leur enfance, flânant dans un jardin ou nageant dans une rivière, moi je me retrouve toujours penché sur un livre..." De 21h30 à 22h30, à la Médiathèque musicale de Paris (MMP).

Les mémoires de René Depestre

Le 25 janvier, René Depestre publie ses mémoires, «Bonsoir tendresse», chez Odile Jacob, éditeur qui inaugure ainsi sa nouvelle collection «Mondes contemporains» dont le directeur est Marc Augé : «En décembre 1957, à mon premier retour en Haïti, après douze années d’exil, j’ai constaté le déclin de la vie rurale, en commençant par la perte d’influence du vaudou et du catholicisme. Ni l’un ni l’autre ne réglaient plus les travaux et les jours de la paysannerie. Aujourd’hui, Haïti est quadrillé par toutes sortes de bricolages évangéliques qui démontrent la dérive des repères traditionnels. La population confie son sort à n’importe quel faux prophète : on a recensé plus de quatre cents sectes autonomes pour moins de sept millions d’habitants. C’est la révélation d’une crise générale de la société haïtienne», écrit-il.

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