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En mai, fais ce qu’il te plaît. Et le nickel a grimpé de 10 %

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NICKEL
Francs Pacifique à l'usine de la Monnaie de Paris à Pessac. Les pièces contiennent du ferronickel calédonien. ©Alain Jeannin
Un vieux dicton vient saluer une dernière séance de cotation mensuelle. Au mois de mai, le nickel a enregistré des performances jamais atteintes depuis novembre 2017. Pour la seule journée de jeudi, 830.000 contrats ont circulé à la Bourse des métaux de Shanghai constate le négociant Marex Spectron.
De Londres à Shanghai, les deux principales places de cotation du nickel, les négociants sont à la fête. Les primes tombent et les cours du nickel grimpent. Une tendance déjà soulignée par Philippe Chalmin pendant sa présentation du rapport Cyclope 2018 sur les matières premières :
« Le nickel est arrivé à des niveaux de prix qui permettent à tous les producteurs, notamment calédoniens, de couvrir sinon la totalité, au moins leurs coûts directs opérationnels [….] « ensuite, c’est la tambouille interne aux entreprises, mais pour ce qui peut être considéré comme les coûts directs, il me semble qu’on est un peu au-dessus ». Une analyse que conteste la direction de la SLN en Nouvelle-Calédonie qui démontre, ses propres chiffres à l’appui, que sa production de nickel n’est toujours pas bénéficiaire. 

Le nickel sur sa lancée

20 % de hausse depuis le début de l’année, 72 % de hausse sur un an, le nickel enregistre la plus forte progression des métaux industriels à la Bourse des métaux de Londres. Le cours du « métal du diable » est porté par la baisse des principaux stocks de nickel pur. Ils se situent désormais sous le seuil des 293.000 tonnes dans les entrepôts mondiaux du LME (-15.000 tonnes en quelques jours) et font craindre une possible pénurie. Et ils fondent encore plus vite en Asie...

Par ailleurs, la production très soutenue d’acier inoxydable permet à la demande en alliage de ferronickel (pour l’inox) d’enregistrer une croissance de près de 6 %. La Nouvelle-Calédonie est la première productrice mondiale de ces « chips de métal » avec la Société Le Nickel (SLN) et Koniambo Nickel (KNS), sa concurrente du Nord calédonien. Moins d’une vingtaine d’usines dans le monde produisent ces « chips » destinées à l’acier inoxydable. La forte teneur en nickel et la grande pureté des alliages calédoniens leur permettent aussi de négocier une « prime-qualité » sur chaque tonne de ferronickel "livrée à bon port".

Une étude de la Coface

La hausse du métal est solide, ce que confirme la dernière étude de la Coface, et elle bénéficie en plus de l’effet psychologique du « nickel électrique ». Ce métal pur constitue l’essentiel des batteries des véhicules électriques. Même si cette production ne concerne pas vraiment la Nouvelle-Calédonie, à l’exception du brésilien Vale dans son usine du Sud, pour Jean-François Lambert, consultant et spécialiste du financement des matières premières : « Le nickel à la côte, toute entreprise qui livre du nickel intéresse les investisseurs, quel que soit le produit, même s’il n’est pas destiné aux véhicules électriques ».

Produire ou attendre ?

Le cours du nickel grimpe et les stratégies des producteurs divergent. Alors que le cours du métal a progressé de 10,8 % sur un mois, le groupe minier canadien Sherritt entend relancer la production de son usine d'Ambatovy à Madagascar, sans attendre une flambée des cours du nickel. Le grand complexe industriel malgache comprend une mine et une usine hydro métallurgique, il est comparable à celui du groupe minier brésilien Vale en Nouvelle-Calédonie. Sauf que, Vale envisagerait au contraire de suspendre ses investissements au Canada et en Nouvelle-Calédonie, pour préserver ses réserves, et ainsi susciter une possible flambée des prix du nickel en réduisant sa production... 

Les dernières statistiques de l’International Nickel Study Group envisagent un déficit de nickel raffiné de 117.000 tonnes fin 2018. Pour la dernière séance de cotation du mois de mai, le cours du nickel ( +1,63 %) au LME a atteint 15.362 dollars la tonne, soit 6,96 $ par livre.  




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