Marche blanche en mémoire de Jean-Paul, le livreur guyanais tué d'un tir de police à Sevran

manifestation
Famille de la victime lors de la marche blanche entre Aulnay-sous-Bois et Sevran, le 2 avril 2022 ©SAMEER AL-DOUMY/AFP
Plusieurs centaines de personnes ont participé ce samedi à une marche blanche entre Aulnay-sous-Bois et Sevran (Seine-Saint-Denis) en mémoire d'un père de famille guyanais de 33 ans, tué il y a une semaine d'un tir de police lors d'un contrôle routier.

Avant le départ du cortège au pied de la cité du Gros-Saule à Aulnay-sous-Bois où résident les parents de la victime, la compagne de Jean-Paul a appelé "au calme" et demandé en larmes "le respect de sa mémoire", lors d'une brève prise de parole. Les caméras des journalistes n'étaient pas les bienvenues dans les rangs du cortège et certains médias se sont fait expulser par des jeunes du quartier.            

La famille n'a pas souhaité d'images par "crainte de représailles de la part de policiers", a déclaré Me Arié Alimi, un de leurs avocats. Un peu plus de 300 personnes, selon une journaliste de l'AFP, ont défilé derrière une grande banderole: "Vérité et justice pour Jean-Paul (1988-2022)". Un portrait du défunt en costume, le visage souriant, accompagnait l'inscription.            

Le policier mis en examen

Le cortège, qui a déambulé plus de deux heures, s'est arrêté devant le feu de la circulation où Jean-Paul a été atteint d'une balle tirée par un policier de la brigade anti-criminalité (BAC) d'Aulnay-sous-Bois qui voulait le contrôler alors qu'il conduisait un véhicule signalé volé. Le fonctionnaire a été mis en examen pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé samedi le parquet de Bobigny.

"Qu'est-ce que cela veut dire de tirer comme ça en pleine journée ? Il y avait d'autres moyens de l'arrêter que de le tuer", a dénoncé Samia, une voisine des parents de la victime. "Jean Paul, c'était un bosseur qui livrait des colis". Selon le récit de plusieurs habitants, la victime était un chauffeur indépendant qui travaillait avec un prestataire de livraison de colis.            

Les avocats de la famille ont affirmé que la fourgonnette "n'était pas volée" et qu'"il y avait un différend avec la personne pour qui il travaillait qui refusait de le payer et qu'il a gardé la fourgonnette en attendant d'être payé". Pour Me Alimi, "le policier n'a aucune raison de tirer, il n'y pas de mise en danger et il ne porte pas de brassard police".