Maya Kamaty met les Vieilles Charrues à l'heure réunionnaise

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Avec son kayamb, Maya Kamaty a mis le festival des Vieilles Charrues sous le soleil réunionnais (Carhaix, 8 juillet 2021). ©Sameer Al-DOUMY / AFP
L'artiste réunionnaise Maya Kamaty a ouvert le bal des concerts aux Vieilles Charrues, l'un des plus grands festivals de France. De quoi faire danser la Bretagne au rythme de son electro teintée des rythmes du maloya devant un public heureux de refaire la fête.

Passer de plus d'un an sans concert à l'ouverture du plus grand festival de France, du soleil réunionnais à la fraîcheur bretonne, certes anormale en cette saison… que de changements pour Maya Kamaty ! Jeudi 8 juillet, l'artiste réunionnaise a réveillé le public des Vieilles Charrues, endormi par la crise COVID, avec une présentation de son spectacle tiré de son dernier EP, Pandiyé.

Un mot créole pour dire "suspendu", comme l'a été son public, largement accroché par ses paroles en créole posées sur un kayamb revisité à la sauce électro. "Déjà, retrouver la musique ça fait vraiment chaud au cœur après cette période de confinement, mais là on est ravis et encore plus de retrouver l'océan Indien !", lâche, très enthousiaste, une locale originaire de Madagascar venue dans le public avec sa fille.

Créole et adrénaline

Le festival est en jauge réduite, 5000 personnes maximum sur dix jours au lieu de quatre, mais le public, certes un peu timide pour ce premier jour, est présent. Absolument conquis, aussi, par ce premier concert. "C'est une découverte très heureuse", s'enthousiasme un homme dans les gradins, "beaucoup de mouvance, de groove, de la vraie pêche, c'est ce qu'on aime !".

Pari réussi pour Maya Kamaty qui retrouve petit à petit les plaisirs des concerts et réussit enfin à monter sur la scène des Vieilles Charrues, un an après une première tentative avortée par la pandémie. "C'est génial pour moi, pour toute l'équipe, c'est le sentiment d'un travail accompli. Et ouvrir un festival avec une artiste qui chante en créole en majorité, c'est vraiment avoir confiance, nous donner beaucoup de résonnance."

La fille du leader de Ziskakan, Gilbert Pounia et de la conteuse Annie Grondin, deux grandes personnalités engagées de La Réunion, le martèle : sa musique est une musique de live "qui transperce et qui transporte". "Il n'y a rien de similaire à la scène, pour moi il n'y a pas d'adrénaline aussi forte. C'est mon élément."

Bête de scène

Devant la foule rassemblée tant que faire se peut sur un petit carré de sable posé à la va-vite le matin-même pour contrer la gadoue qui s'est invitée dans les champs du festival, Maya Kamaty vibre et entraîne avec elle tout ce qui se trouve sur son passage. Le public, d'abord clairsemé, se remplit petit à petit et suit la chanteuse en reprenant, "paré" (prêt, en créole réunionnais), ses mots, ses musiques, ses danses.

Moi je fais la musique que je sais faire, je ne vais pas essayer de faire semblant, de faire des choses que je ne maîtrise pas. Les mots que je dis je les vis. C'est une question de se laisser porter, de lâcher prise pour le public et pour nous aussi. Il faut juste y aller et à un moment, on a assez travaillé… il faut lâcher les loups !

Maya Kamaty


Lâcher les loups, c'est donc fait et ce n'est pas fini puisque Maya Kamaty s'apprête à sortir plusieurs nouveaux titres qui sortiront d'ici la fin de l'année. "Un virage musical" qui l'a fait sortir de sa zone de confort, "tant dans l'esthétique musicale, que dans les rythmes et dans l'écriture en français."  

Une affaire à suivre et à découvrir d'ores et déjà en live jusqu'à la fin de sa tournée qui finira très certainement, "pour boucler la boucle", au Zinzin, le QG de la famille Pounia-Grondin à Saint-Pierre. "Évidemment, ce sera en exclusivité pour le public de La Réunion qui me suit et que je remercie !"

Le reportage de Marie Boscher, Kelly Pujar et Erwan Mirabeau aux Vieilles Charrues :