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Mayotte : les Comores renvoient un bateau d'immigrants expulsés, tandis que les expulsions de clandestins se multiplient

Alors qu'à Mayotte les reconduites de clandestins se multiplient pour tenter d'apaiser les tensions, les Comores ont renvoyé mercredi soir vers Mayotte un bateau qui devait accoster à Anjouan avec à son bord une centaine d'immigrants clandestins expulsés à leurs yeux illégalement par la France.

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  • La1ere.fr avec AFP
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Le Gombessa, un navire battant pavillon comorien avec 95 passagers en grande majorité Comoriens, s'est présenté mercredi en fin de journée devant le port de Mutsamudu, a constaté un journaliste de l'AFP. Mais les autorités locales lui ont refusé d'accoster sur ordre du gouvernement de Moroni, qui a publié une circulaire interdisant le retour sur son territoire des expulsés de Mayotte.

Pour des raisons de sûreté et de sécurité, il est interdit aux compagnies maritimes et aériennes (...) d'embarquer à destination des autres îles soeurs toute personne considérée par les autorités qui administrent Mayotte comme étant en situation irrégulière, et ce jusqu'à nouvel ordre.

- Circulaire du gouvernement des Comores


La circulaire signée par le secrétaire d'Etat comorien en charge des Transports Soulaimana Kaambi est entrée en vigueur mercredi. Après deux heures de blocage, le navire a été sommé de repartir et a repris la direction de Mayotte, a indiqué la capitainerie du port de Mutsamudu.

A Mayotte, jeudi matin

La nouvelle a rapidement circulé à Mayotte où le bateau avec les 95 clandestins à bord était de retour ce jeudi matin. Le Gombessa est amarré en rade de Dzaoudzi. Les explications d'Hakime Ali Saïd de Mayotte la 1ère  :
Crise diplomatique


597 reconduites

Depuis le 15 mars, 597 personnes en situation irrégulière à Mayotte ont été reconduites à la frontière ou sont parties volontairement, a annoncé mercredi soir la préfecture de Mayotte dans un communiqué.

La lutte contre l'immigration clandestine, en majorité d'origine comorienne, fait partie des principales revendications du mouvement de contestation populaire qui bloque depuis plus d'un mois la circulation dans l'ile. Faisant le point sur les engagements de la ministre des Outre-mer Annick Girardin depuis sa venue sur le territoire la semaine dernière, la préfecture a indiqué qu'"une première mission de préfiguration de la coordination de la lutte contre l'immigration clandestine est d'ores et déjà conduite sur le territoire" et que "de nouvelles méthodes d'actions sont mises en oeuvre pour lutter efficacement contre l'immigration clandestine".

Des éloignements et départs volontaires

Des opérations de sécurisation et de contrôle des personnes en situation irrégulière se sont multipliées ces derniers jours à Mayotte. Selon le dernier bilan de la préfecture, les forces de l'ordre ont effectué depuis jeudi dernier "512 interpellations qui ont conduit à 597 éloignements et départs volontaires".

Des "pseudo-milices"

Des opérations d'expulsions de personnes présumées clandestines ont été orchestrées depuis quelques jours par la population mahoraise, qui les emmènent ensuite à la gendarmerie. La gendarmerie, qui a démenti collaborer avec "ces pseudo-milices", a indiqué à l'AFP que des étrangers se "réfugiaient à la brigade en se présentant comme clandestins".

La Cimade a confirmé des opérations d'expulsions contraintes par les villageois, mais aussi des départs volontaires de gens qui craignent pour leur vie. "Certains ont pris directement des billets d'avions", a indiqué à l'AFP, Solène Dia, chargée de mission. 
Marine Le Pen appelle à "un bras de fer" avec les Comores

Marine Le Pen a appelé jeudi sur une radio mahoraise, Radio Kwezi, à "un bras de fer" avec les Comores qui refusent de récupérer leurs compatriotes clandestins à Mayotte", selon des propos retranscrits sur Twitter. "Les Comores refusent de récupérer leurs compatriotes clandestins à Mayotte. Dans le quart d'heure, l'ambassadeur des Comores devrait être convoqué par les dirigeants français pour demander des explications", a déclaré la présidente du Front national.

Selon elle, "s'il faut faire un bras de fer avec les Comores, eh bien faisons un bras de fer! Quand va-t-on enfin défendre nos propres compatriotes face à un comportement inadmissible des Comores ? Notre faiblesse est une incitation à ce type de comportement", a-t-elle ajouté. Elle affirme qu'"en rendant les Mahorais minoritaires sur leur sol ancestral, cette submersion remet en cause leur sécurité, leur avenir, leur prospérité".

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