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A Mayotte, "on est assis sur un chaudron", alerte le député Mansour Kamardine

Mayotte, marquée par une forte pression migratoire, est en proie à "une vive tension" dans la population, alerte le député mahorais Mansour Kamardine (LR) dans un entretien à l'AFP, estimant qu'"on est assis sur un chaudron".

Une majorité de personnes vivent sous le seuil de pauvreté à Mayotte. © SOPHIE LAUTIER / AFP
© SOPHIE LAUTIER / AFP Une majorité de personnes vivent sous le seuil de pauvreté à Mayotte.
  • La1ere.fr (avec AFP)
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"Nous allons vers de graves troubles, il ne faut pas sous-estimer la colère des Mahorais", prévient le nouveau député, qui a retrouvé, avec 64,61% des voix, le poste qu'il a occupé de 2002 à 2007. "Je suis à Paris pour alerter sur la situation à Mayotte", explique le parlementaire, qui a commencé à faire le tour des ministères et cabinets.
           
Il demande au gouvernement "un signal fort : empêcher les kwassas (bateaux de pêche comoriens qui transportent les clandestins, ndlr) de venir", insiste-t-il. "Peut-on m'expliquer comment une puissance maritime comme la France n'a pas les moyens de contrôler un bras de mer de 70 km ?" ajoute-t-il.
           

Manque d'infrastructures et d'équipements

Mayotte est devenu le 101e département français en 2011, et accède peu à peu au droit commun. L'île manque d'infrastructures et d'équipements, souffre d'un faible développement économique et connaît le taux de chômage le plus élevé des départements d'Outre-mer (36,6%).
           
Selon M. Kamardine, "52% de la population mahoraise est clandestine, et 8 naissances sur 10 sont des naissances de clandestins". Pour le parlementaire, "personne ne supporterait dans l'Hexagone ce qu'on vit là-bas". Il justifie les "décasages" (expulsions parfois violentes de clandestins par la population, ndlr), qui ont eu lieu en 2016 : "Dans l'esprit des Mahorais, ou l'Etat fait le job, ou ils le font à sa place."
           

"Une coopération bilatérale" avec les Comores

La solution selon le député : "une coopération bilatérale" avec les Comores, pour améliorer la situation de la population comorienne et endiguer l'immigration clandestine. "On dépense 60 millions par an pour lutter contre l'immigration clandestine, on pourrait mobiliser une partie de cette somme au service du développement des Comores. Je sais que la France a les moyens d'imposer cette coopération", assure-t-il.
           
L'élu, qui est le seul député LR à avoir voté la confiance à Edouard Philippe - il n'était pas au courant des consignes, explique-il - juge que le Premier ministre a "développé des sujets que Mayotte voulait entendre, comme l'immigration, la sécurité, l'école". Sur ce dernier sujet, il salue le projet de classes de 12 élèves en CP : "je ne peux pas m'opposer à cette mesure et dire ensuite j'en ai besoin pour Mayotte", où les élèves sont 36 par classe, et certains par rotation (soit le matin, soit l'après-midi) faute de places.

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