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Mayotte : Septième semaine du mouvement social, les grèvistes divisés [SYNTHESE]

Alors que le mouvement social entre dans sa septième semaine, la levée -ou non- des barricades divise les grévistes. Les barrages semblent également cristalliser les tensions dans l'archipel, en paralysant les entreprises, les établissements scolaires et l'accès aux soins.

© Mayotte la 1ère
© Mayotte la 1ère
  • Par Valentin Deleforterie
  • Publié le

#1  Des mesures "immédiates"

Lundi, le préfet Dominique Sorain a annoncé plusieurs mesures pour améliorer la sécurité de l’île avec notamment :
- Le renforcement des patrouilles de police et de gendarmerie sur la voie publique
- L'application des décisions judiciaires d’expulsion et de destruction de l’habitat illégal dès la fin de la trêve cyclonique
- La création d’un groupe d’enquête spécialisé dans la lutte contre les filières d’immigration clandestine.



#2 Appel à la levée des barrages

Peu après l'annonce du préfet, la « majorité des syndicats » et le collectif de citoyens à l'initiative du mouvement de contestation à Mayotte ont appelé à la levée immédiate des barrages. « Néanmoins, en l'absence d'un signal fort adressé à la population sur la lutte contre l'immigration clandestine à ce jour, la grève reste maintenue ; toutefois, elle pourra se manifester sous d'autres formes », ont-ils précisé. A ce jour, les leaders ne semblent pas avoir été écoutés.



#3 Des barrages levés .. puis redéployés

Alors qu'une partie des barricades avaient commencé à être levées mardi, de nouveaux barrages ont recommencé à être érigés mercredi, a indiqué la préfecture qui en a compté huit, deux au nord, deux au centre et quatre au sud.

La plupart du temps, les barragistes laissent passer les piétons, les véhicules sanitaires, de secours et des forces de l'ordre. En revanche, les véhicules de simples citoyens ne peuvent toujours pas circuler, selon la même source. Seul le barrage de Longoni (nord de l'île), encerclant le port principal, est totalement hermétique à la circulation routière en raison d'arbres abattus sur la chaussée.

A Longoni ce jeudi matin, la circulation était toujours impossible pour les véhicules, comme vous pouvez le constater avec ce facebook live réalisé sur place : 


#4 Une levée des barrages conditionnée à la diplomatie avec les Comores ?

Selon Maoulida Momed, l'un des leaders du mouvement de lutte, les manifestants "veulent désormais que l'Etat accélère le travail diplomatique" avec l'Union des Comores, qui refoule aux frontières depuis deux semaines ses propres ressortissants expulsés de Mayotte. Les manifestants exigent également d'avoir la certitude que "dès que la crise diplomatique sera résolue, les reconduites à la frontière reprendront".

Le week-end dernier, la France avait annoncé la suspension de l'octroi de visas aux officiels comoriens, en conséquence de la politique menée depuis deux semaines. Depuis cette annonce, la diplomatie entre les deux pays est en statu quo. La situation pourrait être apaisée avec l'arrivée à Moroni du secrétaire d'Etat au Quai d'Orsay Jean-Baptiste Lemoyne.


#5 Le ton monte sur les réseaux sociaux

Sur la page de Mayotte la 1ère, les commentaires anti-barrages se font de plus en plus nombreux. Une partie des mahorais semble excédée par le difficile accès aux établissements scolaires, aux services de santé ou encore par la situation préoccupante des entreprises locales.
Quelques commentaires anti-barrages sur la page de Mayotte la 1ère. © Facebook / Mayotte la 1ère
© Facebook / Mayotte la 1ère Quelques commentaires anti-barrages sur la page de Mayotte la 1ère.


#6 Quarante réservistes sanitaires en renfort

Le personnel du centre hospitalier de Mayotte redoutant un afflux massif de patients lié à une éventuelle levée des barrages, quarante réservistes sanitaires sont arrivés sur l'archipel pour suppléer les effectifs.

#7 Des entreprises en grande difficulté

Près de sept semaines après le début du mouvement, de nombreuses entreprises locales sont en grande difficulté. L'impossibilité de circuler impacte à la fois les employés et le transport de marchandises. Face au problème, la Maison de l'entreprise a mis une cellule de crise pour les chefs d'entreprise mahorais.


 

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