Même en fauteuil, le Miquelonais Ivan Dos Santos n’a jamais abandonné ses rêves

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Ivan Dos Santos
Il y a huit ans, Ivan Dos Santos chute du 5e étage. Malgré son fauteuil, il reste très sportif et travaille de ses mains. ©Pierre Lacombe
Il y a un avant et un après dans la vie d'Ivan. Il y a 8 ans, on le pousse du 5e étage. Depuis il vit en fauteuil, mais le jeune homme originaire de Saint-Pierre et Miquelon n'a renoncé ni à son envie de travailler de ses mains, ni à sa passion du sport.

Il y a 8 ans, la vie d'Ivan Dos Santos a basculé. Une chute du 5ᵉ étage condamne ce jeune homme originaire de Saint-Pierre et Miquelon à se déplacer sur un fauteuil. Mais sa force de caractère, son courage et sa passion pour le sport lui ont redonné l'espoir. Au Pays-Basque Ivan, désormais âgé de 27 ans, s'est créé son métier dans le travail du bois et du fer. Il a aussi trouvé l'amour et des paysages qui lui rappellent sa terre d'origine.

Ivan grandit à Saint-Pierre et Miquelon. Plus tard, il poursuit ses études loin de chez lui, à Toulouse. Jusqu'à ce 31 décembre, le jour où tout a basculé.

C'était la soirée du nouvel an, le changement d'année 2014-2015. J'ai été poussé du 5e étage. Colonne vertébrale touchée, moelle épinière, et du coup paraplégie.

Ivan Dos Santos

Ivan est doué de ses mains, il aime travailler le bois et le fer. Mais l'accident et son handicap deviennent un frein : les seules propositions de postes qu'il reçoit se font derrière un ordinateur. "C'est pas ce que je voulais, moi ce que je voulais, c'est travailler avec mes mains et d'être dans un atelier, explique le jeune homme. Du coup, j'ai préféré ne rien demander à personne, ouvrir ma boite et faire ce que je savais faire."

De 5 à 6 heures de sport par semaine

Le sport a toujours été son moteur et sur ce plan le handicap n'a rien changé. Au contraire. "C'est dans la continuité de ce que j'ai toujours fait et c'est une bonne échappatoire, le sport", estime-t-il. Champion de France de basket en 2018, Ivan aime les défis et les sensations fortes. La glisse l'hiver sur les pistes, l'été sur l'océan... Le reste du temps, c'est sur les chemins de la forêt landaise que l'on peut l'apercevoir.

Champion de France de basket en 2018, Ivan aime les défis et les sensations fortes. ©Pierre Lacombe

Mais s'entraîner quand on est en fauteuil coûte cher. "Il faut vraiment bien choisir son sport, ce n'est pas une paire de chaussures que l'on achète pour un sport différent. Si on part sur du matériel neuf, on explose les prix, c'est autour de 20 000 euros facile. Chaque fauteuil, chaque truc, c'est un gros budget", explique-t-il.

L'an prochain, Ivan participera aux 25 km de Miquelon et, plus tard, il espère gravir une montagne. À raison de 5 à 6 heures de sport par semaine, rien ne semble l'arrêter. Pas même les eaux fraiches de l'Atlantique. La seule contrainte, et pas des moindres, quand on n'a plus l'usage de ses jambes, c'est justement d'arriver jusqu'à l'océan. Une épreuve à elle seule. Mais au bout, Ivan ressent un puissant sentiment de liberté : "Tu es en dehors du fauteuil, t'es porté par l'océan. Tu te sens plus léger, libre de tout mouvement".

Retrouvez le reportage de Pierre Lacombe et Mourad Bouretima :

©saintpierreetmiquelon