publicité

De la mine à l’usine, Edouard Philippe au contact de l’industrie calédonienne du nickel

Le Premier ministre consacrera l’après-midi de lundi à deux sites emblématiques de l’industrie du nickel. Edouard Philippe visitera tout d'abord la mine du futur à Tiébaghi, avant de découvrir la grande usine high-tech du Nord à Vavouto. SLN et KNS ont résisté à la crise du nickel.

Métallurgistes calédoniens sur le massif de nickel du Koniambo (KNS) © Alain Jeannin (Outre-mer 1ère)
© Alain Jeannin (Outre-mer 1ère) Métallurgistes calédoniens sur le massif de nickel du Koniambo (KNS)
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le , mis à jour le
Le nickel représente 20% du PIB du « Caillou » et plus de 10.000 emplois industriels et miniers, c'est l'ossature de l'économie de la Nouvelle-Calédonie.

Nouméa-Le Havre, la route du nickel

La Nouvelle-Calédonie est une grande terre de nickel et le Premier ministre Edouard Philippe devrait apprécier ce clin d'oeil du destin. Il fut maire du Havre et le grand port normand a entretenu durant plus d’un siècle (1880-2016) des relations étroites avec le port de Nouméa. C’est au Havre qu’étaient déchargées les cargaisons de concentrés de nickel produits dans l’usine SLN de Doniambo. Les mattes calédoniennes de nickel ont permis la production d’un métal pur et stratégique sur le site industriel de Sandouville. En 2016, la crise des prix des matières premières, particulièrement violentes, a changé la donne. Le minerai du Havre arrive aujourd’hui de Finlande, les concentrés de nickel calédonien servent désormais uniquement à la production d’un ferronickel haut de gamme. L’usine SLN de Doniambo, tout comme l’usine du Nord de KNS, produisent les meilleurs alliages de nickel pour le haut de gamme de l’industrie mondiale de l’acier inoxydable.
L'or gris de la SLN. Alliage de nickel SLN25 Eramet pour l'acier inoxydable © Alain Jeannin
© Alain Jeannin L'or gris de la SLN. Alliage de nickel SLN25 Eramet pour l'acier inoxydable

Les survivants de la crise du nickel

Quand la chute des cours du nickel atteint son point culminant à l’hiver 2015-2016, les 3 grands complexes métallurgiques calédoniens, mais aussi les mineurs indépendants du Territoire sont au bord de la faillite. Les « 3 survivants du nickel » que sont la SLN, KNS et VNC doivent leur salut à l’intervention de l’Etat français et aux prêts financiers accordés par Manuel Valls et Emmanuel Macron. Soutien de l’Etat, prêts des groupes miniers, mobilisation des responsables politiques calédoniens ont permis de sauver l’industrie du nickel, sans oublier les efforts consentis par les mineurs et métallurgistes locaux pour gagner la bataille de la compétitivité. L’industrie calédonienne du nickel, encore convalescente, a tenu bon, mais la reprise des cours du métal à la Bourse des métaux de Londres est encore fragile. Elle dépend de la consommation chinoise et de l’essor attendu du marché des batteries au nickel des véhicules électriques.
Site minier de la SLN à Tiébaghi en Nouvelle-Calédonie © Eramet
© Eramet Site minier de la SLN à Tiébaghi en Nouvelle-Calédonie

Tiébaghi, une mine responsable de la SLN

Lundi, en début d’après-midi, le Premier ministre va découvrir Le massif de Tiébaghi et son vieux village minier qui sont célèbres depuis 1875 grâce à l’extraction du cobalt et du chrome. Les gisements de nickel seront découverts en 1965. Après études des ressources, une trentaine de salariés de la SLN y ouvrent, en 1997, un centre qui préfigurera la mine du futur. Dernier-né des centres miniers, le centre de Tiébaghi, proche du village de Koumac, emploie aujourd’hui 260 personnes, et plus du double avec les emplois indirects et induits. 850 ha de parcs de protection de la biodiversité, créés par la SLN et le groupe Eramet, font un écrin au centre minier. C’est l’exemple de mine du futur, inscrit dans le cadre d’une politique de développement durable. Tiébaghi pourrait être un exemple à suivre pour le prochain grand projet minier français, Montagne d’Or en Guyane qui doit créer près de 4 000 emplois directs et indirects.

L'usine du Nord adossée au massif du Koniambo (KNS) symbole du rééquibrage économique de la Nouvelle-Calédonie © Alain Jeannin
© Alain Jeannin L'usine du Nord adossée au massif du Koniambo (KNS) symbole du rééquibrage économique de la Nouvelle-Calédonie

L’usine du Nord, « l'usine du Pays »

De la mine à l’usine, un aperçu de l'industrie calédonienne. L’objectif d’Edouard Philippe est aussi de découvrir, dans l’après-midi de lundi, la grande usine du Nord qui doit permettre au territoire de se hisser au rang de second producteur mondial de nickel. Une brève intervention du Premier ministre est prévue en fin de journée. Cet investissement qui dépasse 6 milliards d’euros est détenu à 51 % par la Province Nord, à majorité indépendantiste. Glencore, le géant du négoce des matières premières en détient 49%. Cette usine constitue le cœur du rééquilibrage économique et humain en faveur de la population Kanak. L’usine du Nord semble repartie de l’avant après des déboires de jeunesse liés aux défauts de conception de ses deux fours, des déboires en passe d’être résolus. Dans son rapport financier du troisième trimestre 2018, Glencore indique que l’usine poursuit sa progression reflétant sa performance d’exploitation. Et son ferronickel est d’ores et déjà exporté en Chine et au Japon, comme celui de la SLN. Après avoir rencontré les dirigeants et les travailleurs du nickel, après avoir visité les sites miniers SLN et KNS de Tiébaghi et du Koniambo, le Premier ministre fera une déclaration en soirée où il devrait évoquer la stratégie nickel de la Nouvelle-Calédonie.



Sur le même thème

ECOUTER    VOIR    S'INFORMER   Partout et à tout moment
Mobile devices
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play