Nickel : passé un moment de folie, reste une embellie pour la Nouvelle-Calédonie

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Site minier SLN de Tiebaghi en Nouvelle-Calédonie ©Bruno Delante Eramet
37.000 dollars la tonne de nickel. Le dernier cours affiché vendredi 18 mars est-il une bonne affaire pour la Nouvelle-Calédonie ? Oui, dans l’absolu, car ce prix est bien supérieur aux coûts de production des usines du Territoire. Encore faudrait-il disposer d’une offre suffisante quand viendra le temps de négocier de nouveaux contrats.

Depuis le début de 2021, une météo souvent très pluvieuse sur la région Indopacifique a souvent fait gonfler les sols détrempés. La pluie a réduit la production des mines et donc la production métallurgique des usines. Si l'offre est insuffisante, les profits seront limités.

Le nickel se cherche un juste prix

Malgré tout, le cours du nickel est en hausse de plus de 70% depuis le début de l'année. En fin de semaine, alors qu'il poursuivait sa correction baissière, le prix du métal offrait encore une marge confortable à l'industrie calédonienne.

Le métal avait dépassé les 100.000 dollars la tonne le 8 mars en raison d'une spéculation hasardeuse d'un géant chinois du nickel et de la guerre en Ukraine.

Un mois plus tôt, son cours avait affiché 25.000 dollars la tonne.

Les transactions du 8 mars ont depuis été annulées par le LME, le record historique du nickel avant sa flambée chaotique s'établissant ainsi à 48.002 dollars la tonne, enregistré le 7 mars. Et maintenant ?

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Cours du nickel sur le Shanghai Metal Exchange ©Bloomberg via Marex Spectron

Le nickel a plongé vendredi quasi instantanément sur sa nouvelle limite basse autorisée par la bourse des métaux de Londres, pour le troisième jour consécutif, après plus d'une semaine de suspension des échanges.

Le "métal du diable", comme on le surnomme, a ainsi ouvert en baisse de -12%, la nouvelle variation de prix fixée par le London Metal Exchange (LME) dans un avis publié la veille. Vendredi, la tonne de nickel s'échangeait ainsi à 36.915 dollars.

Le LME tente de contenir la volatilité du métal en imposant des limites de mouvement de prix, d'abord de plus ou moins 5%, puis 8%, et enfin de 12% dans des avis publiés quotidiennement depuis la reprise chaotique des échanges.

Mais le scénario se répète encore et encore: les investisseurs fuient le marché et pourraient continuer tant que le prix du nickel ne leur semblera pas en adéquation avec celui des transactions sur la bourse de Shanghai, autre place forte pour le commerce des métaux de base.

Les principaux investisseurs indiquent qu'un prix d'environ 43.000-45.000 yuans par tonne est un prix acceptable pour le sulfate de nickel, ce qui équivaut à un prix du nickel au LME de 26.000-28.000 dollars par tonne,

Susan Zou, analyste chez Rystad Energy.

Mercredi, la cotation du nickel avait repris après plus d'une semaine d'interruption en raison de son extrême volatilité et avait été suspendue une nouvelle fois quelques minutes après son ouverture en raison d'un dysfonctionnement du marché électronique.