Nickel : les industriels de Nouvelle-Calédonie espèrent un retour à des prix stables

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En bleu, les cours du nickel au LME de Londres ©Bloomberg/Marex Spectron
L'industrie du nickel de Nouvelle-Calédonie, 6 à 7% de l'approvisionnement mondial, espère que les prix du "métal du diable" vont se stabiliser entre 20 et 30.000 dollars la tonne alors que le conflit en Ukraine provoque une volatilité extrême.

"On a affaire à des événements qui sont complètement erratiques, voire délirants.
J'ai l'espoir qu'on revienne à la normale", a déclaré Xavier Gravelat, président du syndicat des exportateurs de minerai de Nouvelle-Calédonie.

Le 8 mars, la Bourse de Londres a suspendu les transactions sur le nickel après
que la tonne a pour la première fois dépassé les 100 000 dollars, multipliant son prix par trois et demi en deux jours. Cette envolée était alimentée par la liquidation forcée de positions courtes sur fond de craintes de sanctions occidentales contre la Russie, troisième producteur mondial.


Les échanges ont repris le 16 mars et en fin de semaine le nickel cotait encore
à 37.200 dollars la tonne. "Il n'y a quasiment pas de nickel qui se vend à ce prix-là (...). Un marché qui s'équilibrerait de manière stable entre 20 et 30.000 dollars la tonne serait vraiment positif. C'est la stabilité qui permet à une industrie de tourner", a déclaré à l'AFP Sylvain Capo, président du groupe Glencore en Nouvelle-Calédonie.

Des coûts de production plus élevés en Nouvelle-Calédonie

Actionnaire à 49% d'une usine métallurgique dans le nord de l'archipel, le géant
suisse du négoce assure également la commercialisation en Chine d'environ un million de tonnes de minerai de nickel par an pour le compte de trois mineurs calédoniens. "Sur la Chine, le prix est déconnecté du LME. Il s'agit de prix +spot+ définis en fonction de l'offre et de la demande sur le marché chinois, les cours, déjà
très bons, ont encore un peu augmenté mais pas de manière explosive", a également
déclaré M.Capo, soulignant que la hausse du coût du fret et les intempéries ont
dans le même temps handicapé les acteurs calédoniens. La Nouvelle-Calédonie exporte aussi du minerai au Japon et en Corée du sud pour lesquels les prix d'achat sont basés sur des moyennes mensuelle ou trimestrielle. "Ce qui se passe en une journée (au LME, ndlr), n'a pas d'impact", a déclaré Xavier Gravelat.


Du côté des trois usines métallurgiques du Caillou, aux prises avec des coûts
de production élevée en comparaison avec leurs concurrents indonésiens ou chinois, les effets bénéfiques de ces cours élevés sont en partie rognés par l'envolée des coûts de l'énergie (charbon, fuel), liés aussi à la guerre en Ukraine.


La Nouvelle-Calédonie a exporté en 2020, environ 90.000 tonnes de nickel raffiné
et 8,1 millions de tonnes de minerai brut, quasi-exclusivement à destination du marché asiatique