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De nombreux projets étudiés bientôt par la toute nouvelle Fondation pour la mémoire de l’esclavage

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Bureau de la fondation pour la mémoire de l'esclavage
©GIP mmeta
Le bureau de la fondation constitué mercredi 13 novembre, est installé provisoirement dans des bureaux au ministère des Outre-mer. Il a déjà de nombreux projets. Une convention de partenariat avec l'Etat doit être signé ce vendredi 15 novembre à Matignon. 
 
Un plan d’action sur quatre ans sera bientôt mis en place par la toute nouvelle Fondation pour la mémoire de l'esclavage. Il est décliné sur cinq thématiques : la recherche, l’éducation, la culture et le patrimoine, le numérique ainsi que la mémoire et citoyenneté. Pour mieux faire connaitre ce sombre volet de l'histoire de France, un travail sera fait en direction de la jeunesse.
 

Un kit pédagogique

L’histoire de l’esclavage, est encore méconnue, 18 ans après la loi Taubira reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité. Dans cette loi il est inscrit dans son article 2 que " les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent ". Mais l’histoire de la traite négrière, de l’esclavage et de ses abolitions peine à trouver sa place dans l’enseignement.

Pour cette raison, l’une des priorités de la fondation, sera de mieux la faire connaître. "Nous envisageons de mettre en place un kit pédagogique  à destination des enseignants" indique Jean-Marc Ayrault président de la fondation, contacté par Outre-mer La 1ère . "Toutes les initiatives dans le cadre des programmes scolaires seront étudiées par une personne nommée au sein de la Fondation" précise-t-il.
 

Connaître le passé pour mieux vivre le présent

La traite négrière n’est pas seulement une histoire réservée aux ultramarins, explique Jean-Marc Ayrault. "C’est une histoire européenne et mondiale qui a des répercussions sur notre vie actuelle. Comment répondre aux discriminations, au racisme ? Il faut pouvoir nous interroger sur la diversité".  Outre cet aspect, il existe aussi de cette douloureuse histoire un "héritage riche à partager, que ce soit au niveau musicale, littéraire… " confie le président de la fondation.
 

Vers un 10 mai plus populaire

Dès le premier trimestre 2020, les ateliers mis en place par la fondation débuteront avec différents acteurs. Il s’agit de partager les actions à mettre en place. Parmi elles, rendre plus festive et populaire la journée nationale du 10 mai au jardin du Luxembourg. Des commémorations qui pourraient être décentralisées à Nantes, Bordeaux ou encore à la Rochelle. La réflexion sera ouverte, et les premières modifications apportées pourraient être visibles dès 2020, avec des commémorations qui devraient avoir lieu cette année encore dans les jardins du Luxembourg, à Paris.  

La réflexion porte également sur l'organisation d'une grande exposition liée à l’histoire de l’esclavage. Elle devrait voir le jour en 2021 ou 2022. Un musée virtuel est aussi en préparation par le biais d’un portail numérique dédié. "On veut développer le volet numérique pour toucher le maximum de jeunes notamment avec des contenus adaptés aux réseaux sociaux, mais aussi capter un public mondial " précise Jean-Marc Ayrault.

Des actions qui devront être validées par le comité scientifique de la fondation présidé par Romuald Fonkoua, professeur de littératures francophones à la faculté des Lettres de la Sorbonne. Nommée hier, il devra constituer son équipe.
 

Enfin ! 

Cela faisait des années que des intellectuels, associations ou encore historiens attendaient ce moment : La mise en place de la fondation pour la mémoire de l’esclavage. "Le projet avait été confié sous Jacques Chirac à Edouard Glissant, puis mis de côté sous Nicolas Sarkozy, remis à l’ordre du jour par François Hollande puis confirmé par Emmanuel Macron ", précise son tout nouveau président Jean-Marc Ayrault. L’ancien Premier ministre chargé de la préfiguration de la fondation, a été élu mercredi 13 novembre à la tête de cette institution. 
 
Aux cotés de ce tout nouveau président au conseil d'aministration, Fanny Augustin directrice générale de l'association Miroir, Fanny Glissant, productrice auteure et réalisatrice, ou encore la journaliste réunionnaise Mémona Hintermann-Afféjee.  Dominique Taffin, archiviste-paléographe, est nommée directrice de la fondation. Originaire de Guadeloupe, elle a dirigé de 2000 à 2019 les Archives de la Martinique. 
 

Un partenariat avec l'Etat

Une convention de partenariat quadriennale sera signée ce vendredi 15 novembre 2019 à Matignon, entre l’Etat et la fondation. Neuf ministères sont concernés, dont celui de l’Education nationale ou encore de la Culture mais également la DILCRAH, la délégation interministérielle contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. L’Etat s’engage à apporter 1,1 millions d’euros à la fondation. Cette enveloppe budgétaire comprend la mise à disposition de ses locaux à l’hôtel de la marine, actuellement en travaux. Il devrait ouvrir ses portes au public au printemps 2020. En attendant, les bureaux de la fondation sont installés au ministère des Outre-mer, rue Oudinot, à Paris.

Au total la fondation disposera d’un budget annuel de 2 millions d’euros. Une somme qu’elle a pu réunir grâce à d’autres acteurs publics, mais aussi privés.

 

Comité de soutien

Présidé par Christiane Taubira, le comité est « plus que jamais d’actualité pour accompagner la fondation» selon Jean-Marc Ayrault. « Christiane Taubira est celle qui a porté cette loi en 2001. Sa voix porte en France mais aussi à l’internationale ».  Le comité est, au total, composé de 40 personnalités : historiens, journalistes, écrivains, chefs d’entreprise, médecin, ou encore ancien ministre.
 
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