Congrès, Loyalistes, campagne référendaire… Ce qu’il faut retenir de l’entretien de Thierry Santa, président du Rassemblement

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Thierry Santa, invité du journal télévisé en tant que président du Rassemblement, le 1er août 2021.
Thierry Santa, invité du journal télévisé le 1er août 2021 en tant que président du Rassemblement. ©NC la 1ere
L’élection à la présidence du Congrès a mis en exergue le manque d’unité chez les non indépendantistes. Thierry Santa conteste pourtant l’idée d’une division des Loyalistes et se tourne vers la campagne référendaire. Après le congrès de son parti, le président du Rassemblement était l’invité du JT.

Après les tribulations du camp non indépendantiste au Congrès, place au congrès… d’un des protagonistes dans cet épisode qui n’est pas passé inaperçu. Le Rassemblement-Les Républicains réunissait ses troupes, samedi 31 juillet, à l’Arène de Païta. Invité du dimanche au journal télévisé, le président du mouvement est revenu sur ce rendez-vous tenu à huis clos, et sur l'actualité politique du moment. Voici ce qu'on peut en retenir 

  • Après le Congrès, les explications

Parmi les militants venus au congrès annuel du Rassemblement, ils étaient nombreux, à attendre des réponses, suite à l’absence d’unité parmi les non indépendantistes boulevard Vauban. "Bien sûr que (…) ce qu’il s’est passé au Congrès cette semaine a été évoqué. J’en ai parlé dans mon discours et j’ai apporté les explications de la position qui a été la mienne", a répondu Thierry Santa sur notre plateau. A savoir : maintenir la candidature de Virginie Ruffenach au perchoir. 

Première raison invoquée, "les équilibres politiques qui apparaissent au Congrès sont tels que si on veut respecter la volonté démocratique des Calédoniens, la logique voulait que l’Avenir en confiance ait la présidence, Calédonie ensemble et l’Eveil océanien se partageant les autres postes à responsabilité", maintient celui qui dirige le Rassemblement depuis décembre 2018.

Je vous affirme qu’il ne s’agit pas du tout d’une guerre d’egos. L’objectif était de respecter les Calédoniens.

Thierry Santa, président du Rassemblement

 

  • Pas d’accord avec le projet d’accord

Nouvelle mise au point, quant au projet d’accord envisagé par les partis non indépendantistes, et diffusé lundi 26 juillet. "Ces propositions discutées pendant de longues heures avaient pour seul et unique objectif de me faire accepter que la candidate de Calédonie ensemble soit élue présidente du Congrès, ce qui va totalement à l’encontre de la volonté démocratique des Calédoniens", assène Thierry Santa.

"Depuis le début de ce dossier", argumente-t-il par ailleurs, "on essaie de faire croire aux Calédoniens que les choses sont liées, que ce qui allait se passer au Congrès allait être le résultat du référendum du 12 décembre."

Le 12 décembre, les gens ne vont pas voter pour un parti ou un homme politique, ils vont voter pour leur avenir.

Thierry Santa

 

  • Pour lui, "pas de division des Loyalistes"

Le président du Rassemblement, composante de l’Avenir en confiance, relativise la douzaine de votes blancs qui ont ponctué l'élection à la présidence du Congrès. "Il y a eu quelques interrogations de la part de collègues de l’AEC lors du vote, ils ont été les porte-paroles de leurs électeurs inquiets", a-t-il décrit sur notre plateau. Pour le reste, assure-t-il, "il n’y a pas, à mon sens, de division des Loyalistes." En précisant : "Je parle des Loyalistes, je ne parle pas de Philippe Gomès."

Comme Sonia Backès le dimanche précédent, Thierry Santa a insisté sur la campagne à organiser en vue de la consultation référendaire. Elle "est en cours de discussion entre nous, les différentes mouvances loyalistes. On a l’intention, peut-être, d’ouvrir nos arguments pour envisager d’aller chercher le plus de Non possible".

  • Une campagne plus marquée sur le Nord, les îles et les indécis

"On devra aller, je pense, beaucoup plus dans le Nord et dans les îles que lors de la précédente campagne référendaire", a-t-il mentionné. Autre cible à privilégier d’ici au 12 décembre, les électeurs indécis.

"On s’est très certainement beaucoup adressé aux gens déjà convaincus, lors de la dernière campagne. Maintenant, on va aller chercher ceux qui sont au milieu, qui se posent des questions", annonce Thierry Santa. "Essayer de les convaincre (…) que le Non n’est pas synonyme de statu quo ou de régression comme les indépendantistes vont essayer de l’expliquer (…). Au contraire, c’est ce qui va nous permettre de gérer notre destin." 

Rester Français est ce qui va nous permettre de continuer à vivre en paix (…), à avancer les uns vers les autres, (…) à se reconnaître, à respecter nos légitimités réciproques.

Thierry Santa

 

"Malheur aux petits, malheur aux isolés." Thierry Santa reprend ces mots prononcés par le chef d’état major des armées lors des discussions parisiennes, et par le président de la République durant son déplacement en Polynésie. "Si la Calédonie devient indépendante, on sera à la merci de tous les grands prédateurs internationaux du monde."

  • L’enjeu des jeunes électeurs

N’avez-vous pas peur que la jeunesse se désintéresse de la politique ?, questionne un internaute . "C’est un public qu’il va falloir aller chercher, qui ne s’est pas forcément beaucoup mobilisé lors des précédents référendums", reconnaît Thierry Santa. "Lors du notre congrès", embraie-t-il, "on a laissé une place importante à la section jeunes du Rassemblement (…) C’est eux qui peuvent aller parler aux jeunes (…) pour essayer de faire en sorte que leurs homologues prennent conscience de l’importance du choix qui va devoir être fait." 

  • Briguer la députation ? "Je ne me pose pas la question"

Va-t-il se présenter aux législatives de 2022, demande un autre téléspectateur ? L’idée a circulé, comme élément d’explication après l’épisode du Congrès. "Je ne me pose pas la question aujourd’hui", rétorque l’intéressé après avoir lancé : "Si le Oui l’emporte le 12 décembre, il n’y aura pas d’élections législatives et sénatoriales."

Ma seule et unique priorité, c’est de travailler pour que la Calédonie reste française, pour le bien de tous les Calédoniens.

Thierry Santa

 

  • Toujours contre une indépendance-association avec la France 

Troisième question posée depuis les réseaux sociaux : pensez-vous qu’une indépendance-association soit une solution ? "Absolument pas, j’y suis opposé depuis toujours", tranche Thierry Santa. "Ce n’est absolument pas la solution."

La solution, c’est une Calédonie avec un lien constitutionnalisé avec la Métropole.

Thierry Santa 


Son entretien avec Laurence Pourtau :