C'est une liste scrutée, à n'en pas douter, par les acteurs du BTP dans un contexte de crise profonde pour le secteur. La province Sud a publié, ce lundi 24 mars, le récapitulatif de tous les chantiers de plus de 10 millions de francs prévus cette année.
En tête de ce tableau, le réaménagement de son hôtel, baie de la Moselle. Ce projet, dont le coût oscillera entre 500 millions et un milliard de francs, avait été lancé officiellement fin 2023. L'ampleur des dépenses avait suscité des réactions partagées sur les réseaux sociaux, certains y voyant un gaspillage d'argent public en période de disette.
La province avait quant à elle indiqué que les travaux permettraient de réduire la consommation électrique de 30 à 40%, grâce à l'installation de panneaux photovoltaïque et la mise à niveau des climatiseurs et de l'éclairage. Autre bâtiment de l'institution concerné par les chantiers : le pôle technique, qui avait été incendié la nuit du 13 au 14 mai 2024, deux semaines seulement après avoir été inauguré. Au total, 250 à 350 millions devraient lui être consacrés cette année à travers deux chantiers.
Les chantiers de l'enseignement
Une large place est aussi accordée à la rénovation des établissements scolaires. Celle du collège de Boulari, en comptant les parties incendiées comme celles préservées, devrait coûter plus de 700 millions de francs au total.
Celle du collège Louise Michel, à Païta, pèsera de son côté plus d'un milliard de francs d'après le prévisionnel établi par l'institution. D'autres chantiers sont encore prévus aux collèges de Kaméré, Normandie et Auteuil, sans compter la déconstruction du collège de Rivière-Salée, envisagée pour le quatrième trimestre et estimée à plus de 100 millions de francs.
Saccagé pendant les émeutes, l'établissement avait fermé définitivement suite à une décision de l'assemblée de la province Sud en septembre 2024, malgré l'opposition des parents d'élèves dont les enfants ont pour la plupart été réaffectés au collège des Portes de fer, à quatre kilomètres de là. Au-delà de Rivière-Salée, le communiqué évoque par ailleurs d'autres opérations de déconstruction et de démolition, citant certains bâtiments de la Flotille à Nouméa ou encore du site de Port-Laguerre à Païta.
Nouvelle étude pour le viaduc ?
Les infrastructures routières s'avèrent elles aussi omniprésentes dans la liste de la province Sud. Outre de nombreux travaux d'entretien et de réparation, pour certains liés aux émeutes, la collectivité envisage d'investir plus de 500 millions de francs par an dans ses projets de réfection de chaussée, d'aménagement de voirie et d'assainissement routier.
Plusieurs chantiers d'ampleur sont par ailleurs évoqués. La desserte entre Ducos et Koutio, imaginée à l'origine comme une voie de désengorgement et indispensable à l'établissement de la future prison, devrait ainsi commencer à se concrétiser dès le troisième trimestre avec une première phase de remblaiement en mer, estimée entre 200 et 250 millions de francs. La fourniture en scorie, indispensable pour cette étape, coûtera de son côté 40 à 100 millions de francs.
Autre projet emblématique évoqué dans la liste, le viaduc du Mont-Dore, dont "l'étude de reconnaissance géotechnique en mer" devrait être lancée au troisième trimestre. L'opération, initialement prévue pour être menée en avril 2024, avait pris du plomb dans l'aile avec les émeutes. Le secrétaire général de la province Sud Nicolas Pannier expliquait il y a un an qu'il s'agissait de "déterminer le tracé le plus sûr, avec le meilleur rapport qualité-prix". Une étape préalable à tout projet de construction, aussi hypothétique soit-il.