Quatre mois que des voyageurs sont confinés dans des hôtels réquisitionnés

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Hôtel réquisitionné, coronavirus, Méridien, 20 juillet 2020
Le Méridien réquisitionné pour le confinement des arrivants, 20 juillet 2020. ©Françoise Tromeur / NC la 1ere
Depuis le 19 mars, plus de trois mille personnes arrivées en Nouvelle-Calédonie sont passées par la case quatorzaine à l'hôtel, dans l'un des huit établissements réquisitionnés par le gouvernement.
Réceptionner, accueillir et confiner les rapatriés, puis gérer la logistique et l’intendance qu’implique la quatorzaine de milliers de personnes : depuis quatre mois, la direction de la Sécurité civile endosse un rôle complexe, celui de gestionnaire hôtelier. 
  

Rappelez-vous !

• Le mardi 17 mars en fin de journée, alors que la Calédonie est encore exempte de Covid-19, les voyageurs entrants sont tenus de se confiner. D'abord, à domicile.

• Mais dès le mercredi 18 sont annoncés les deux premiers cas, importés, de coronavirus.

• Mesure parmi d'autres, annoncée le jeudi 19  : pour protéger le pays de la pandémie, tous les arrivants sont placés en confinement strict de quatorze jours. Soit au Cise soit dans un hôtel réquisitionné par le gouvernement.

• Le vendredi 20 au soir, l'aéroport de Tontouta est carrément fermé aux arrivées

Le vendredi 3 avril, le pays commence à recevoir des vols successifs de rapatriement, ramenant au pays les Calédoniens restés bloqués à l'extérieur. A ce jour, le gouvernement décompte 3 472 rapatriés, dont 807 étudiants.

A compter du mardi 21 avril, la période de quarantaine se complète par une semaine de plus, à la maison. 

• Mi-juin, ces sept jours supplémentaires sont supprimés et on revient à la seule quatorzaine en hôtel.
 
Hôtel réquisitionné, coronavirus, Château-Royal, 20 juillet 2020
Le Château-Royal fait partie des hôtels réquisitionnés. ©Françoise Tromeur / NC la 1ere
 

Enfermés

En quatre mois, plus de trois mille passagers entrants ont dû prendre leur mal en patience, entre les murs d’une chambre mise à disposition dans l’un des huit hôtels réquisitionnés. Une contrainte plus ou moins bien endurée, relate Cécile Richard, chargée de mission Covid-19 à la sécurité civile. 
 

Une contrainte acceptée...

«On a deux catégories, détaille-t-elle. D'abord, «les personnes qui acceptent leur confinement et qui s’y plient pendant quatorze jours sans difficulté». Et parmi elles, «il y a les personnes qui l’acceptent mais qui le vivent mal. Pour celles-là, on a un soutien sanitaire mais un soutien aussi psychologique.»
 

...ou pas

Deuxième catégorie, les gens qui ont eu du mal à accepter ce confinement. «Il y a eu des mises en place d’animations, de musique, de concerts... Des anniversaires...», rappelle Cécile Richard. «Tout ça dans un cadre sanitaire strict, de distanciation. On a pu organiser des petits moment de convivialité pour que ça se passe au mieux. Ce n’est pas forcément facile pour tout le monde mais globalement, sur les 3190 personnes qui ont été confinées, estimait-elle au 17 juillet, c’est une poignée qui auront posé problème.»
Explications au micro de Nathan Poaouteta :

Cécile Richard, confinement à l'hôtel

 

Ce n’est pas forcément facile pour tout le monde mais globalement, sur les 3 190 personnes qui ont été confinées, c’est une poignée qui auront posé problème.
- Cécile Richard, chargée de mission Covid-19 à la sécurité civile

 
Hôtel réquisitionné, coronavirus, Méridien et Château-Royal, 20 juillet 2020
Deux hôtels restaient réquisitionnés mi-juillet. ©Françoise Tromeur / NC la 1ere
 

Encore deux sites

Ce dispositif de quatorzaine reste bel et bien d'actualité, alors que la Calédonie a décompté en quatre mois 22 porteurs de Covid-19, tous des cas importés ou en contacts avec ceux-ci. Il concernait ce week-end 279 personnes, et deux établissements hôteliers font toujours l’objet d’une réquisition par le gouvernement.
 

Compensations pour les hôteliers

Les prestations - nettoyage et restauration - sont réparties entre la sécurité civile et les groupes hôteliers. Si des compensations financières sont prévues par le gouvernement, celle-ci sont strictement encadrées. 
 

Le principe de la réquisition, c'est que les hôtels sont remboursés sur facture(s) fournie(s). Dès lors que la justification est fournie au gouvernement, il y a un remboursement des frais de personnel et des charges.
- Cécile Richard, chargée de mission Covid-19

 
Hôtel récemment libéré de sa réquisition, Nouvata, 20 juillet 2020
Le Nouvata a fait partie des hôtels réquisitionnés. ©Françoise Tromeur / NC la 1ere
 

Remboursés des seuls frais

Ce remboursement ne garantit pas la stabilité financière à long terme, affirme Jean-Pierre Cuenet. Il est le PDG du groupe La Promenade, propriétaire du Nouvata. C’est l’un des hôtels qui ont été libérés de leur réquisition - au 20 juillet, il prévoyait sa réouverture au 1er août.
 

Le principe-même de la réquisition, c'est que le réquisitionné est censé ne faire aucun franc de bénéfice. On est remboursé au franc près sur les frais qu'on a dans nos hôtels. Ça couvre une partie, mais ça sauvera pas Willy. Aujourd'hui, les hôtels de Nouméa ou de Brousse, qui ont déconfiné ou pas, n'ont reçu aucune aide.
- Jean-Pierre Cuenet, PDG du groupe La Promenade

 
Hôtel réquisitionné, coronavirus, Stanley, 20 juillet 2020
Parking vide, au Stanley. Alors que les derniers confinés sont partis mi-juillet, l'hôtel doit accueillir des militaires sur réquisition d'Etat. ©Françoise Tromeur / NC la 1ere
 

Autre type de réquisition

Par la suite, le Stanley et le Hilton vont être réquisitionnés par l’Etat, pour l’arrivée de personnels militaires, et de fonctionnaires d’Etat dans le cadre du référendum.
 
Hôtel Hilton, 20 juillet 2020
©Françoise Tromeur / NC la 1ere
 

Sous régime particulier

Pour être précis, rappelons aussi qu’il existe des régimes particuliers de quatorzaine (détail ici). Cela concerne :
• les personnels navigants de cabine, les professionnels de santé qui accompagnent les Evasans, ainsi que les relèves d'équipage maritime ;
• les personnels militaires, en relève de gendarmerie ou des FANC ;
• les «professionnels indispensables à la reprise de la vie économique ou qui ont des spécificités professionnelles non présentes sur le territoire»...
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