Pétrole : le Guyana et l’Écosse recherchent une coopération durable

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Aberdeen
Aberdeen, capitale pétrolière du Royaume-Uni ©AFP
Une mission commerciale du Guyana est attendue le 25 novembre prochain à Aberdeen en Écosse. Son objectif est de renforcer les liens et la coopération avec les sociétés pétrolières et gazières de la capitale pétrolière du Royaume-Uni.
 
Le Guyana serait l’un des pays les plus prometteurs au monde pour l’exploration et la production de pétrole et de gaz. Les réserves totales du vaste plateau maritime guyanais, qui s’étend du Guyana à la Guyane française en passant par le Suriname, sont estimées entre 2 et 3 milliards de barils d’équivalent pétrole. Le premier or noir commercial du Guyana, dont la qualité serait comparable au Brent européen, commencera à couler en 2020. Le Guyana est le seul État du Commonwealth situé en Amérique du Sud et dont la langue officielle est l'anglais.
 

Vers un partenariat

Selon le géant pétrolier américain Exxon Mobil qui détient les principaux droits d’exploration et d’extraction, il existe une très forte probabilité qu’il y ait beaucoup de pétrole dans le secteur du plateau continental guyanais. Mais le Guyana ne dispose pas encore de l’expertise nécessaire à la création d’une chaîne d’approvisionnement ni d’infrastructures pour l’industrie pétrolière et gazière. Et c’est donc à Aberdeen en Écosse qu’un partenariat gagnant-gagnant sera recherché, favorisé par les liens historiques entre le Guyana et le Royaume-Uni : "la production de pétrole et de gaz offre au Guyana l’occasion de créer dès aujourd’hui une économie diversifiée et écologiquement durable" estime Francis Kiernan, directeur général d’ABIS Energie, société de conseil et de formation dont le siège est à Aberdeen.

"Il appartient au gouvernement du Guyana de faire les bons choix économiques et sociaux dans l'intérêt de la population du pays et aussi des générations futures. C'est une responsabilité historique pour l'avenir de ce pays. Le Guyana peut profiter de l’expérience de l’industrie pétrolière écossaise en vue d'éviter certains pièges et d'appliquer de bonnes pratiques" précise Francis Perrin, directeur de recherche à l’IRIS et spécialiste des problématiques énergétiques.
 

Rencontre à Aberdeen

Des responsables gouvernementaux du Guyana et des chefs d’entreprise vont donc se rendre dans la capitale européenne de l’industrie pétrolière. Plusieurs réunions sont prévues du 25 au 30 novembre prochain. La délégation, conduite par la Chambre de commerce et d’industrie de Georgetown (CGCCI), comprendra neuf entreprises et des représentants de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), de l’université du Guyana et d’autres agences gouvernementales.
Pour Deodat Indar, président de la GCCI, il s’agit d’établir des "partenariats durables" avec les entreprises pétrolières et gazières de la mer du Nord, basée à Aberdeen.
 

Coopération et formation

L’expertise des sociétés écossaises doit bénéficier à la formation de techniciens et d'étudiants du Guyana. La délégation du pays va rencontrer le Conseil des industries de l’énergie et la Chambre de commerce d’Aberdeen et des responsables de l'université de technologie. Pour le Guyana comme pour le Royaume-Uni, l’objectif est de "stimuler les relations commerciales et industrielles et de valoriser le partenariat entre les deux pays" a déclaré Claude Quinn, haut-commissaire britannique au Guyana. Échange de bons procédés, une délégation écossaise est attendue à Georgetown au début de 2019.