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Des vers plats venus d’Asie menacent la biodiversité aux Antilles, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte

Grâce à une étude participative lancée en 2013, une équipe de chercheurs a pu dresser un état des lieux de la présence des vers plats terrestres Outre-mer. Ces Plathelmintes "à tête en forme de marteau" sont potentiellement dangereux pour la biodiversité. 

Bipalium vagum en Guyane © Sébastien Sant
© Sébastien Sant Bipalium vagum en Guyane
  • Par Cécile Baquey
  • Publié le
En 2015, Jean-Lou Justine, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle tire la sonnette d’alarme. Le ver plat de Nouvelle-Guinée qui a déjà mis à mal les escargots de plusieurs îles du Pacifique commence à s’installer dans la Caraïbe. Ce ver était inscrit dans la liste des 100 espèces les plus dangereuses au monde.

Appel à témoins

Dès 2013, le chercheur s’est inquiété de cette arrivée et a lancé avec le Muséum national d’Histoire naturelle un appel à témoins sur les Plathelminthes terrestres, les vers plats. En 5 ans, Jean-Lou Justine et son équipe de l’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité (ISYEB – Muséum/CNRS/Sorbonne Université/EPHE), ont recueilli quelques 700 contributions de citoyens intéressantes pour la science.

"Une centaine provient de l’Outre-mer français, précise le chercheur joint par La1ère, qui tient à remercier tous les contributeurs". 


Première enquête

"Il s’agit de la première enquête d’envergure sur le sujet en France métropolitaine et dans les territoires français d’Outre-mer, basée sur les sciences participatives, dont les résultats sont publiés dans PeerJ", annonce dans un communiqué le Muséum national d’histoire naturelle.

Vers plats Outre-mer © MNHN
© MNHN Vers plats Outre-mer

Etude participative

Et les nouvelles sont inquiétantes. Cinq espèces de vers plats à tête en forme de marteau, originaires des régions chaudes d’Asie du Sud-Est, ont été identifiées dans l’Hexagone et en Outre-mer. En Guadeloupe, en Martinique, à Saint Martin, à Saint Barthélemy, en Guyane Française, à La Réunion et à Mayotte, des citoyens ont envoyé des photos de vers plats à Jean-Lou Justine et son équipe.

Diversibipalium de Mayotte © Laurent Charles
© Laurent Charles Diversibipalium de Mayotte

Plathelminthes bipaliinés

Ces vers en question se nomment scientifiquement Plathelminthes bipaliinés (des genres Bipalium et Diversibipalium). Dans l’Hexagone, la moitié des vers observés se trouve dans le seul département des Pyrénées-Atlantiques.

Vers géants

Sur les quatre espèces de vers plats terrestres identifiés Outre-mer, une est particulièrement impressionnante car elle peut atteindre jusqu’à 40 cm de long. "Elle se nomme Bipalium Kewense. Son mode de reproduction est non sexué. Avec un seul individu, on peut envahir tout un pays, note Jean-Lou Justine. Et "cette espèce s’attaque aux vers de terre" si utiles pour les sols, ajoute-t-il. 

Bipalium Kewense © Pierre Gros
© Pierre Gros Bipalium Kewense

Bipalium vagum

Une autre espèce identifiée Outre-mer qui porte le nom de Bipalium vagum, s’attaque, elle, aux mollusques, limaces ou escargots. Elle peut mesurer entre 2 et 5 cm. 

Bipalium vagum à La Réunion © Dominique Martiré
© Dominique Martiré Bipalium vagum à La Réunion

Pas de prédateurs

Pour Jean-Lou Justine, "ces quatre espèces de vers plats présentes Outre-mer sont potentiellement dangereuses pour la biodiversité. Dans leurs régions d’origine, en Asie du Sud-Est, elles ont des prédateurs". Outre-mer, rient de tel... Ces espèces invasives pourraient donc présenter un réel danger pour la nature.

Des vers géants chez moi ! Etude en Français à lire ci-dessous :

 

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