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Projet Montagne d’or en Guyane : après la mine de Lefa en Guinée, Nordgold peut-il faire mieux ?

Un article dans le Monde ainsi qu’une émission sur France Inter ont décrit ce dimanche les conséquences de l’exploitation de l’or par Nordgold en Guinée. En Guyane, cette compagnie russe promet une exploitation exemplaire. Faut-il la croire ?
 

Mise de Lefa en Guinée exploitée par Norgold © Nordgold
© Nordgold Mise de Lefa en Guinée exploitée par Norgold
  • CB
  • Publié le , mis à jour le
En Guyane, le projet Montagne d’or- s’il voit le jour- serait le plus grand projet de mine d'or à ciel ouvert français. Il devrait créer, selon le consortium minier (Columbus gold-Nordgold) 750 emplois directs et 3.000 emplois indirects.
 

Revu "de fond en comble"

L’Etat doit se prononcer sur la réalisation de ce projet avant la fin de l’année. François de Rugy, le ministre de la Transition écologique a été interrogé à plusieurs reprises par la presse à ce sujet. Il a déclaré sur France Inter que "le projet ne pouvait pas être mené tel qu’il avait été envisagé". A l’Assemblée nationale, le ministre a été plus loin en ajoutant "qu’il fallait le revoir de fond en comble".
 

Nordgold en Guinée

En attendant la décision de l’Etat, deux journalistes du Monde et de France Inter se sont intéressés aux activités en Guinée du groupe russe Nordgold censé se charger de l’exploitation de la Montagne d’or en Guyane. Regardez ci-dessous un résumé en vidéo de l’enquête :
 

Le constat est accablant. Non seulement, la mine de Lefa exploitée par Norgold en Guinée n’a pas favorisé l’emploi et la rémunération des locaux, mais pire encore, l’environnement est fortement impacté.  Ecoutez ci-dessous l’enquête de Philippe Reltien sur France Inter :
 

Conséquences sur l'environnement

Concernant l’environnement, selon France Inter, "le lac de résidus cyanurés de la mine de Lefa est sur le point de déborder, et ses digues sont usées". Or, l’une de ces digues se trouve juste au-dessus de Fayala-Carrefour, le village de 1 700 habitants. Depuis cinq ans, du bétail meurt en allant boire l'eau du lac.

Les gens s'adonnaient à l'agriculture, à l'élevage, à la chasse... Mais maintenant, avec ces machines dans les brousses, les bêtes ont fui, les espèces ont disparu, l'environnement et l'écosystème sont atteints. On a peur des conséquences sur le long terme.” 

-Siaka Camara, sous-préfet en Guinée


"L'exemple calédonien"

Sur France Inter, le journaliste Philippe Reltien a demandé à plusieurs interlocuteurs si ce qui se passait en Guinée pouvait se reproduire en Guyane. Les avis divergent. Pour le sénateur George Patient, favorable au projet montagne d’or, il faut s’inspirer de la Nouvelle-Calédonie.

Dans la province nord en Nouvelle-Calédonie, des formations ont été assurées pour que dans tous les secteurs de métiers, les emplois soient occupés par les locaux. C'est ce que je préconise pour la Guyane, et je crois que l'État français serait favorable à ce que l'on s'inspire de ce qui a été mis en place là-bas." 

-Georges Patient, le sénateur LREM de Guyane

 
Georges Patient © guyane 1ère
© guyane 1ère Georges Patient

D’après Pierre Paris, le directeur de la compagnie Montagne d’or "90% des emplois iront à des employés locaux qui seront payés au-dessus de la moyenne guyanaise".

 

Nous avons construit le projet de Montagne d'or sur une approche responsable, d'un point de vue économique, social et environnemental. La protection de la nature, ainsi que la santé et la sécurité, sont des valeurs majeures pour nous."

-Igor Klimanov, le directeur du développement de la société russe Nordgold

 

Des boues décyanurées

Concernant la menace environnementale, fin août 2018, les promoteurs de Montagne d'or ont modifié leur projet guyanais : les boues résiduelles de l'usine qui seront déversées dans un lac de 190 hectares seront décyanurées avant d'être rejetées à l'air libre. Un procédé inexistant en Guinée. 

Par ailleurs, les promoteurs de Montagne d’or se veulent rassurants. Pierre Paris, le directeur du projet précise :

Nous avons déjà indiqué que nous mettons en place un modèle responsable. Le projet que nous portons en Guyane est à 50 kilomètres de toute habitation et exploitation agricole."   

 

Pierre Paris le président de la compagnie Montagne d'or avec des salariés du camp Citron © Jocelyne Helgoualch
© Jocelyne Helgoualch Pierre Paris le président de la compagnie Montagne d'or avec des salariés du camp Citron


Conséquences

Quand on demande au sous-préfet de Singuirini, Siaka Camara, si les Guyanais devaient s’inquiéter de voir chez eux les mêmes conséquences que celles provoquées par l’exploitation minière pratiquée par Nordgold en Guinée, voici sa réponse :  

Là-bas les gens sont intellectuels. Ils ne se feront pas prendre au piège comme ici où nous avons beaucoup d’analphabètes. Mais partout où il y a de grandes exploitations minières, il y a des conséquences, il y aura des conséquences (NDLR : en Guyane)" 

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