La politique de la Réserve fédérale américaine entrave la hausse du nickel

nickel
Containers de nickel calédonien sur le port d'Anvers
Conteneurs de ferronickel calédonien Eramet-SLN à Anvers en Belgique. ©Alain Jeannin
Le cours du nickel subit la politique de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui va commencer à réduire les liquidités qu’elle déverse depuis des années sur les marchés financiers. Cela profite au dollar, mais pas au nickel. Tous les métaux industriels reculent.
L'euro continuait de baisser jeudi face au dollar, alors que le billet vert restait porté par l'optimisme de la banque centrale américaine (Fed) à l'égard de l'économie des États-Unis. La devise chinoise baissait, elle aussi, face à la devise américaine. Conséquence à Shanghai, le prix des matières premières payées en dollars augmente et les achats de métaux diminuent.

Sous-performance

En language d'analyste, on dit que le cours du nickel "sous-performe". Autrement dit, il baisse et de plus de 3 % dans une fourchette de prix comprise entre 10.945 et 11.035 dollars par tonne. Les volumes échangés baissent, eux, de 1% en moyenne ce jeudi à Londres. La pression sur les métaux industriels est liée au sentiment négatif d'aversion pour le risque qui a saisi de nombreux investisseurs.
La hausse probable des taux d’intérêt américains, en décembre prochain, et d'ores et déjà du dollar, renchérissent les achats anticipés de matières premières et freinent la demande. En conséquence, indique Boris Mikanikrezai, « les actifs à risques sont vendus, le dollar monte et les métaux de base, dont le nickel, en subissent les répercussions négatives ».

LME plat

Jeudi toujours, si le marché physique du nickel est resté stable, l’activité des traders était assez faible en raison d’une assez forte volatilité des prix du métal. Autour des banquettes rouges de la Bourse des métaux de Londres, « les participants attendent que les prix se stabilisent avant de prendre des décisions » conclut l’analyste du Metal Bulletin, interrogé par la 1ere.fr.

Note japonaise

Dans sa note du 18 septembre intitulée, « LME Nickel Market Report », le négociant japonais Mitsubischi Metal Group constate et plutôt positivement que « la production de Vale, Norilsk et Glencore a considérablement diminué, ce qui a entraîné le resserrement de l'apport en nickel métal. Le prix est passé de 8.000 dollars par tonne en juin à 12.000 dollars début septembre, soit un cours au plus haut depuis 26 mois.

Cependant, les risques géopolitiques en Corée et la politique de la Réserve fédérale américaine ont accru la volatilité des prix en septembre. Il est donc difficile de s’attendre à une hausse du nickel » estime Mitsubischi
. De façon assez étonnante, le négociant japonais n'exclut pas une hausse des prix du nickel, jusqu'à 13.000 dollars, mais sans en dire plus.

Vu de Chine

Dans son dernier bulletin sur l’industrie chinoise, Michael Standaert, le correspondant de l’agence Bloomberg à Shenzhen en Chine, attire, lui, l’attention sur « les dizaines de milliers d’usines qui subissent des inspections pour cause de pollution environnementale.
Des milliers d’entre elles sont fermés par les autorités, ce qui perturbe les livraisons, créant une crise dans les ports du pays et des délais incertains pour les livraisons de matières premières »
. Les conteneurs de métaux industriels, étain, cuivre et nickel pourront-ils échapper à ce goulot d'étranglement ? Telle est l'un des interrogations de M. Standaert.

Cercle vertueux

Le 19e Congrès du Parti communiste, qui commence le 18 octobre à Pékin, entend renforcer la protection de l'environnement, et créer une « civilisation écologique ». Le gouvernement central a lancé une quatrième série d'inspections environnementales au début du mois d'août. Le ministère de la Protection de l'environnement chinois a déclaré, le 5 septembre, que plus de 5 600 entreprises industrielles et sidérurgiques avaient déjà été sanctionnées par des amendes d’un montant de 43 millions de dollars.
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