Prison de Fresnes : le créole interdit

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"Il y a plus de rats que de détenus", alertent les surveillants ultramarins de la prison de Fresnes
Les couloirs du quartier des hommes à la prison de Fresnes. ©FRED DUFOUR / AFP
Dans un rapport accablant sur la situation à la prison de Fresnes, la contrôleuse générale, dénonce l'usage du créole entre les surveillants pénitentiaires. Le ministre de la justice a répondu en affirmant que le Français était de rigueur.
Ce sont deux lignes très discrètes qui figurent sur le rapport publié, mercredi 14 décembre, par la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, sur la situation à la prison de Fresnes. Deux lignes dans lesquelles, elle pointe du doigt l'usage du créole entre les surveillants pénitentiaires dans cette prison du Val-de-Marne où travaillent de nombreux ultramarins. La contrôleuse générale des prisons écrit : 

 

La langue créole est fréquemment utilisée pour les échanges professionnels entre surveillants, ce qui limite le contrôle hiérarchique et donne aux personnes détenues un sentiment d'incompréhension des décisions qui les concernent

 











Le ministre de la Justice confirme

Dans une lettre, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a répondu sur ce point en affirmant que l'emploi du Français était de rigueur pour l'ensemble des surveillants pénitentiaires.
 
Dans un chapitre de sa lettre intitulé "les manquements à la déontologie de la part du personnel de surveillance", le ministre rappelle ceci : 

Le code de déontologie du personnel fait mention de règles d'échanges et de communication avec les personnes détenues (pas d'usage du tutoiement, emploi du français










Ci-dessous le rapport Hazan et la réponse du ministre :

Rats, surpopulation et violence

Dans ce rapport accablant de six pages, Adeline Hazan décrit également un établissement plein à craquer, envahi par les rats, où certains surveillants débordés ont développé des habitudes violentes. Selon la contrôleuse générale, les conditions de vie des détenus "constituent un traitement inhumain ou dégradant", contraire à la Convention européenne des droits de l'Homme. Des surveillants pénitentiaires ultramarins de la prison de Fresnes avaient déjà témoigné sur La1ère des conditions de travail insalubres. 

Ce rapport a été rédigé au terme d'une visite approfondie menée par douze contrôleurs pendant deux semaines début octobre. 
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