Privée des plus belles plages de beach-volley, la Martiniquaise Alexandra Jupiter raconte son confinement sans sable

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Alexandra Jupiter
Selfie d'Alexandra Jupiter ©A. Jupiter
De mars à octobre, Alexandra Jupiter parcourt généralement la planète. La joueuse de l’équipe de France de beach-volley ne connaît pas la routine. Sauf en ce moment avec le confinement. La Martiniquaise est cloîtrée à Montpellier.
À cette période de l’année, elle n’est pas là. Elle vole. Dans les avions. Ou derrière un filet de beach-volley sur les plus belles plages du monde. Alexandra Jupiter est une "beacheuse". Traduction : elle joue au beach-volley. En équipe de France. Début mars, elle a fêté ses trente ans. La saison débutait à peine. C’est le mot juste : "Nous arrivions en Australie pour le tout premier tournoi de la saison", confie-t-elle. "Toute la planète sport commençait à se mettre à l’arrêt. La Formule 1 à Melbourne venait de renoncer. Les organisateurs du Tournoi de beach nous assuraient pourtant que notre compétition serait maintenue. Trente-six heures plus tard, ils annulaient à leur tour. La priorité était alors de rentrer en urgence car le retour en France n’était déjà plus assuré par toutes les compagnies".

Alexandra a choisi Montpellier comme lieu de confinement. Avec sa mère. Pour l’entraînement, place au système D : "Je vis dans un appartement. J’utilise les escaliers de secours pour réaliser certains exercices. En temps normal, pour la muscu, je vais en salle faire de l’haltérophilie. N’ayant que deux poids chez moi, mon renforcement musculaire s’en trouve diminué mais je m’adapte. Quant à mon heure quotidienne de sortie autorisée, je l’utilise à courir. Pour l’instant, ça va".
Alexandra Jupiter
Alexandra Jupiter en action lors d'un tournoi en Chine en 2019
 

JO reportés, saison 2020 compromise

Alexandra Jupiter (d’origine martiniquaise par son père) n’a pas été surprise lorsque le CIO a annoncé le report des Jeux Olympiques d’un an. Sage décision. "C’était le meilleur choix. Je le comprends. Nous connaissons une crise sanitaire mondiale inédite. Combien de temps va-t-elle durer ? Personne n’en sait rien. La priorité n’est plus sportive mais humaine. Les athlètes doivent s’adapter. Il n’y a pas d’autres solutions. C’est un bel exercice finalement. Se recentrer sur ses objectifs. Travailler mentalement sa motivation…"

Car si la saison 2020 de beach-volley semble bien compromise, les calendriers des années suivantes s’annoncent d’ores et déjà chargés. Des JO en 2021 et en 2024. Tokyo et… Paris : "Disputer les JO à la maison à 34 ans ? J’y compte bien. On peut jouer plus longtemps au beach-volley car il y a moins d’usure physique et de blessures. Déjà que les Jeux Olympiques constituent le rêve ultime de tous sportifs… mais à Paris ! Notre épreuve se disputera sur le Champ-de-Mars ! J’ai l’impression que c’est un film. J’ai presque du mal à l’intégrer. C’est encore un rêve. Pas une réalité".
Aline Chamereau et Alexandra Jupiter
Les deux complices de l'équipe de France de beach-volley : Aline Chamereau et Alexandra Jupiter ©Facebook Aline Chamereau
 

Le beach-volley est un sport individuel qui se joue à deux

Sous le maillot bleu, Alexandra Jupiter fait équipe avec Aline Chamereau, 24 ans. Le duo fonctionne bien puisqu’il pointe au 23e rang mondial. Les tickets olympiques pour Tokyo sont malheureusement réservés aux quinze premières équipes. Pour les autres, il faudra passer par des tournois qualificatifs continentaux. Une compétition relevée mais récemment, l'équipe de France de volley en salle a montré la voie : "Les hommes de Laurent Tillie au TQO (tournoi de qualification olympique, NDLR) nous ont réellement inspirées", confirme Alexandra. On veut les imiter. Avec Aline, on sait pourquoi on fait tout ça. Nous avons un objectif et on travaille dur pour l’atteindre".

Quant à l’avenir un peu plus lointain, la fameuse retraite sportive, la beacheuse martiniquaise y pense. Mais un peu seulement : "L’arrêt doit être violent. Il n’y a plus l’adrénaline. Plus de voyages. Plus d’imprévu. C’est l’inconnu et ça me terrifie. C’est peut-être pour ça que je prépare une licence de psychologie".

Avant la reconversion et après le confinement, Alexandra a au minimum, deux JO à son agenda, une multitude de voyages à travers la planète et quelques rares vacances. En général en novembre ou décembre. "Et vous savez quoi ?", s’écrie Alexandra Jupiter dans un sourire. "Des vacances si possible loin des plages. J’y passe une bonne partie de l’année. Elles sont magnifiques, c’est vrai mais pour moi, les vacances riment plutôt avec montagne. C’est plus dépaysant !" 
   
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