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"Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l'oreille, on parle de vous" : Frantz Fanon cité dans les manifs contre l'antisémitisme

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©DR
La question de l'antisémitisme est redevenue centrale ces derniers jours dans l'hexagone, où plusieurs actes anti-juifs ont provoqué une vague d'indignation. 58 ans après sa mort, l'écrivain martiniquais Frantz Fanon a été évoqué à plusieurs reprises pour sa célèbre formule sur l'antisémitisme. 
Mardi 19 février, devant 20.000 personnes rassemblées place de la République à Paris pour dénoncer les actes antisémites de ces derniers jours dans l'hexagone, de jeunes élèves d'un collège du XIIè arondissement de Paris ont choisi de lire plusieurs textes pour illustrer les valeurs de tolérance et de respect. Parmi ces textes, une chanson de Georges Moustaki, un passage de "Si c'est un homme" de Primo Levi, ainsi qu'un extrait de "Peau noire, masques blancs" de l'écrivain martiniquais Frantz Fanon : 


A la une de l'Humanité

Mort il  y a 58 ans, Frantz Fanon ressurgit ainsi sur le devant de la scène. Lundi 18 février, à la suite des actes antisémites du week-end, le journal L'Humanité choisissait de mettre cette même citation de l'auteur à sa Une :
Une l'Humanité Fanon

Dans un éditorial publié mardi, le quotidien Ouest-France, fait aussi référence à la citation de Fanon : 

Un sursaut s'impose. Il y a urgence. Le rassemblement d'aujourd'hui sera-t-il à la hauteur de l'enjeu? La République elle-même est en danger. L'antisémitisme est toujours un "prélude à l'effondrement d'une nation", souligne Delphine Horvilleur.

Le symptôme, aussi, d'une haine de soi qui dépasse la haine des Juifs. Le psychiatre et essayiste Frantz Fanon nous a prévenus: +Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l'oreille, on parle de vous+".

- Editorial de François Verceletto, Ouest-France, mardi 19 février


Fanon, toujours d'actualité, mais...

Si Frantz Fanon est donc cité dans les manifestations contre l'antisémitisme, il n'est pas pour autant si consensuel que l'est désormais Aimé Césaire. Ainsi, hasard du calendrier, il y a quelques jours la ville de Bordeaux a refusé de donner le nom d'une de ses rues à l'écrivain martiniquais, en raison d'une polémique sur les liens entre l'écrivain et le FLN durant la guerre d'Algérie.
 
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