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La Réunion : l'arrivée de French Blue a bousculé la desserte

French Blue a réalisé son premier vol Paris-La Réunion le 16 juin 2017. La compagnie à bas-coût commence à bouleverser la desserte aérienne entre Paris et La Réunion. Cinq compagnies se disputent le marché.  

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  • Jean-Michel Mazerolle /La1ere.fr
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Un peu plus de six mois après l’arrivée de French Blue sur l’axe Paris-La Réunion, les compagnies aériennes qui desservent l’île Bourbon (Air France, Air Austral, Corsair, French Blue, XL Airways) commencent à tirer un premier bilan. La filiale low-cost du groupe Dubreuil, qui a apporté 20 % de capacité supplémentaire, s’est emparée d’environ 15 % du trafic sur cette destination qui draine en moyenne un peu plus d’un million et demi de passagers à l’année.
© Jean-Michel Mazerolle
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Rude concurrence

Conséquence, les compagnies concurrentes ont perdu des passagers : entre 10 et 15 personnes par vol a reconnu Marie-Joseph Malé, le PDG d’Air Austral, au cours d’une conférence de presse qu’il a tenu le 5 février dernier à Paris. « Après 6 mois, les choses se passent comme nous l’avions prévu : nous avons une baisse de notre trafic global sur Paris. On a aussi une baisse de la recette unitaire. Nous ne sommes pas dans une situation idéale parce que nous allons accuser le coup. Nos résultats vont clairement se dégrader avec l’arrivée de cette concurrence importante. Le chiffre d’affaire devrait être maintenu car nous avons mis de la capacité supplémentaire ».
Air Austral


Situation complexe également pour les trois autres compagnies aériennes qui desservent l'île de la Réunion. Air France, Corsair international et XL Airways voient, elles aussi, leurs parts de marché réduites et multiplient les opérations promotionnelles aux alentours de 400 euros le billet A/R pour rester attractives – des promotions essentiellement durant les périodes creuses – hors périodes de vacances.
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Viabilité des low cost ?

Et c’est sans doute cela l’effet direct de l’arrivée de French Blue : une légère baisse des prix d’environ 10 à 15 % en moyenne à l’année. « Mais pas que », rajoute Marc Rochet, PDG de French Blue qui vient de changer de nom début janvier suite à des menaces judicaires d’une compagnie américaine Jet Blue qui lui interdit de d’utiliser le nom et la marque blue qu’elle a déposée. « Le trafic a cru sensiblement : 12 % en moyenne. Si nous avons pris 15 % environ de part de marché, nos concurrents n’ont pas perdu tant que cela de passagers. Ce sont les nouveaux passagers qui ont créé le trafic et ce sont eux qui se sont tournés vers nous. Maintenant, il va falloir obtenir cela dans le temps. Et je crois fondamentalement à la viabilité des modèles low cost long courrier. Une grande partie du trafic – les gens qui se déplacent pour des loisirs, les gens qui se déplacent pour des raisons familiales, ceux qui se déplacent en famille sont très sensibles au prix. Tous ces nouveaux modèles économiques comme le nôtre qui en quelque sorte réaménagent les prix et essayent de les faire baisser sont destinés à prendre une part significative du trafic. Pas tout le trafic – pas celui des hommes d’affaire ou celui de la connectivité. Mais il y a une véritable attractivité sur ce secteur ».
French Blue


Guerre des prix

La guerre des prix entre opérateurs aériens continue donc de faire rage sur la destination Réunion. Premiers bénéficiaires : les passagers qui voient les prix baisser et La Réunion elle-même qui voit là une augmentation du nombre de ses visiteurs. Mais reste à voir si à moyen ou long terme cette concurrence ne va pas avoir des conséquences graves pour certaines compagnies aériennes. Car à force de baisser les prix, les opérateurs risquent d’y laisser des plumes, comme le reconnaît humblement le PDG d’Air Austral : «La rentabilité et le résultat d’exploitation de notre compagnie qui étaient positifs en 2017 devraient être difficilement tenables dans le positif cette année»… En clair, l’arrivée de French Blue devrait faire replonger Air Austral dans le rouge…
© Jean-Michel Mazerolle
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