#RoadTripEUR : les influenceurs à Bruxelles pour restituer leur voyage autour des Outre-mer

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Les huit influenceurs du projet #RoadTripEUR ont reconstitué le drapeau européen avec les étoiles qu'ils ont gagné pendant leur voyage. ©Webedia
Après plus de deux semaines à parcourir plusieurs territoires ultramarins français, les huit jeunes participants au projet se sont retrouvés fin mai pour partager leurs expériences et découvrir l'Union européenne. La dernière vidéo de leur voyage vient d'être publiée.

Clap de fin pour les huit jeunes influenceurs d'Instagram du projet #RoadTripEUR. Du 4 au 18 mai, Afonso, Willem, Sara, Luna, Roxana, Esperanza, Anatole et Estelle ont parcouru la Guyane, la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin pour les uns et Mayotte et La Réunion pour les autres pour y découvrir les projets portés par l'Union européenne dans ces régions ultrapériphériques (RUP). En ce mercredi de la fin du mois de mai, c'est à Bruxelles, dans la capitale européenne, qu'ils ont mis un terme à leur aventure. L'entreprise retenue dans l'appel d'offres du ministère des Outre-mer pour réaliser ce projet, Webedia, a publié la vidéo de cette dernière journée sur les réseaux sociaux du ministère.

À leur arrivée sur la Place du Luxembourg, au cœur de la branche bruxelloise du Parlement européen, l'équipe de tournage met en scène les retrouvailles des huit jeunes européens, originaires de cinq pays différents (France, Espagne, Belgique, Portugal et Roumanie). "C'est la fin de l'aventure. On est fatigué, mais on a hâte de rencontrer les élus et surtout de reconstituer le drapeau européen", dit Willem, un jeune Martiniquais de 25 ans, qui a suivi le parcours Antilles-Guyane. Anatole, un Parisien de 25 ans, a du mal à cacher sa fatigue. Il faut dire que les deux équipes ont atterri le matin même à Paris, et enchaînent avec un planning chargé en Belgique.

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Les deux équipes d'influenceurs se sont retrouvées devant le Parlement européen à Bruxelles, le 18 mai. ©Quentin Menu


Lors de leur périple - "très intense" s'accordent à dire Justine Oriol et François Bardel, les deux chefs de projet chez Webedia organisateurs du road trip - les instagrameurs qui cumulent 123 000 abonnés ont enchaîné activités, rencontres et découvertes.

On a fait beaucoup de projets axés sur l'environnement, le tourisme, le social, l'humain. À Saint-Martin, par exemple, avec le passage d'Irma [en 2017], on a pu voir comment les fonds européens ont permis de reconstruire l'île.

Willem, 25 ans, créateur de contenu

Un voyage relaté sur les réseaux sociaux

"On dirait l'Eurovision, non ?", plaisante Esperanza, une Espagnole qui revient de Mayotte et La Réunion, devant une maquette représentant les membres du Parlement européen et leur nationalité, tandis qu'Afonso, un Portugais de 23 ans, s'amuse à compter combien d'eurodéputés représentent son pays.

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Les jeunes visitent le Parlementarium à Bruxelles. ©Quentin Menu

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Une maquette représente les membres du Parlement européen et leur nationalité. ©Quentin Menu

Dans ce projet co-construit par le ministère des Outre-mer et Webedia, l'objectif était triple : mettre en avant les territoires d'Outre-mer français, promouvoir l'action de l'UE dans ses régions ultrapériphériques et s'appuyer sur la jeunesse, pour imaginer le futur de l'Europe. Le premier épisode de la websérie publiée par le ministère des Outre-mer a été vu par près de 7000 personnes. Les épisodes suivants ont eu plus de mal à réunir plus de 1000 vues.

La popularité du projet #RoadTripEUR a donc reposé sur les jeunes influenceurs eux-mêmes. Pendant leurs déambulations, les huit Européens ont posté leur voyage sur leurs réseaux sociaux respectifs. "Chaque journée, on avait un programme, explique Sara, jeune Réunionnaise de 22 ans, qui a parcouru les Antilles et la Guyane. On le partageait sur nos réseaux et on mettait en avant ce qui était vraiment important. J'ai eu des retours [de mes followers] sur les destinations qu'on a faites. C'était super qu'ils puissent découvrir un peu plus les richesses que ces territoires ont à offrir", dit celle qui a déjà l'habitude de montrer son île natale sur son compte Instagram.

"Que pouvons-nous faire de plus pour les régions d'Outre-mer ?"

Après avoir découvert l'action de l'Union européenne dans les RUP pendant deux semaines, c'est désormais l'heure pour ces jeunes de rendre compte de leur expérience aux institutions de Bruxelles. Les différents élus et fonctionnaires européens rencontrés ce jour-là veulent savoir ce qu'ils ont retenus de ces escapades. Monika Hencsey, directrice au sein de l'organe gérant la politique urbaine et régionale, reçoit l'équipe à la Commission européenne. La Bulgare, qui jongle entre le français et l'anglais, ose leur poser la question : "Que pouvons-nous faire de plus pour les régions d'Outre-mer ?". Les jeunes ne sont pas là en tant que simples voyageurs, mais en tant qu'acteurs de la vie publique européenne. Leur influence n'est pas négligeable, leur dit la fonctionnaire.

Estelle, la jeune Belge du groupe, souligne que ce road trip à destinations multiples a été l'occasion de comparer les différents territoires d'Outre-mer les uns avec les autres. Et donc d'apercevoir les différences de développement entre Mayotte, plus jeune département français, et La Réunion, par exemple. "Vous offrez un futur aux jeunes", félicite Afonso, insiste sur le rôle marquant de l'Europe auprès des mères et de leurs enfants en Guyane.

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Monika Hencsey (deuxième en partant de la droite) et ses collègues en charge de la politique urbaine et régionale au sein de la Commission européenne reçoivent les huit jeunes influenceurs. ©Quentin Menu

Les fonctionnaires de l'UE exposent à leur tour leur rôle au sein des institutions. Occasion pour eux de présenter la prochaine stratégie pour renforcer l'intégration et le développement des RUP françaises, portugaises et espagnole. Les membres de la Commission européenne demandent aux jeunes ce qu'il faudrait faire pour la jeunesse dans ces territoires éloignés du continent.

Le Portugais Afonso, qui envisage de s'installer dans une de ces régions ultrapériphériques européennes. Il interpelle alors les fonctionnaires pour savoir si les fonds que l'Europe veut accorder à divers projets seront également accessibles aux jeunes qui ne sont pas nés dans une RUP mais qui s'y installent. Monika Hencsey regarde alors ses collègues d'un œil interrogateur, admettant que c'est une question à laquelle ils n'avaient pas réfléchi. Ce sera "oui", promettent-ils, ravis que l'échange avec ces jeunes ambassadeurs leur permettent d'adapter leur projet. "Votre question est très importante pour nous", sourit la Bulgare.

Ces jeunes ont beaucoup d'idées, ils sont innovants, ils sont intéressants (...) Ils viennent de visiter les RUP, donc ils ont vu de leurs propres yeux quel était l'impact de l'aide, du soutien de l'UE, mais aussi quels étaient les difficultés et les atouts de ces régions.

Monika Hencsey à Outre-mer La 1ère

Dialogue difficile

Pour clôturer cette journée de découverte des institutions européennes, nos jeunes découvrent au Comité européen des régions la lourdeur et la complexité de la technocratie européenne, illustrée par la difficulté qu'à l'Europe à dialoguer avec ses citoyens et à intéresser les jeunes.

"Allez, on y va !", crie Justine Oriol, la chef de projet, gardienne des horloges. Elle emmène la troupe vers le prochain lieu de rendez-vous. Les jeunes doivent encore échanger en visioconférence avec les présidents des régions ultrapériphériques, réunis en Martinique pour un sommet spécial, avant de reconstituer le drapeau européen, grâce aux précieuses étoiles trouvées lors de leur road trip.


Une dernière photo de groupe, et les huit instagrameurs mettent un point final à leur épopée ultramarine et européenne. "J'espère que grâce à nous, grâce aux contenus qu'on a postés, l'action de l'Europe dans les territoires d'Outre-mer a pu être un peu plus exposée", conclut Sara.