Rodolphe Sepho, la jeunesse prometteuse de la Route du Rhum

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A 32 ans, Rodolphe Sepho va s'attaquer à sa deuxième Route du Rhum. ©Christophe Parfait
"Le bateau est bien, le bonhomme est bien!" Rodolphe Sepho est confiant. A quelques jours du départ de sa deuxième Route du Rhum, le skipper et son bateau sont prêts. A 32 ans, le plus jeune des huit marins guadeloupéens en course a un bon coup à jouer dans la catégorie Class40. 
"Le bateau est prêt, on a passé les contrôles de sécurité avec succès, on est contents." Ce n’est finalement qu’une formalité pour Rodolphe Sepho qui connaît son bateau sur le bout des doigts, après une saison complète passée à sa barre. Pour la 11ème édition de la plus célèbre des transatlantiques, il a troqué son Pogo40 contre un FS40. 

Firmine Richard, la marraine

Dimanche après-midi, le bateau a attiré la foule sur les étroits pontons du bassin Vauban, à l’occasion de son baptême. Rodolphe Sepho est entouré de jeunes du lycée professionnel de Blanchet. Ary Chalus, le président de la Région Guadeloupe était, lui aussi, présent. La Région soutient Rodolphe Sepho dans cette aventure. Elle le voit aller loin et surtout vite. 

Le baptême s'est fait au champagne mais aussi au rhum.  "C’est important parce que c’est le terroir, c’est quand même ce qu’on fait de très bien".  Le bateau de Rodolphe Sepho a une marraine de prestige, Firmine Richard. La comédienne a dû s’y prendre quatre fois pour parvenir à briser la bouteille de rhum marie-galantais sur l’ancre de Rêve de large. "Elle ne voulait pas faire mal au bateau!", sourit le marin goyavien.  

Rêve de Large

C’est la tradition, le Class40 a désormais son nom de course pour la Route du Rhum : AAEA (Association de l’Aide à l’Enfance et à l’Adolescence) - Rêve de Large - Carrefour Market.  Mais Rêve de large, c'est aussi un projet pédagogique pour transmettre sa passion de la voile. 
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Le voilier de Rodolphe Sepho à quai à Saint-Malo en attendant le départ d ela Route du Rhum, dimanche 4 novembre. ©Christophe Parfait

L'association a pour but d’aider des jeunes skippers qui n’ont pas les moyens de se lancer dans la course au large "en leur proposant toutes l’expertise et toute l’expérience que j’aurai pu acquérir sur ce projet, détaille Rodolphe. Et surtout toute la logistique qu’on a pu mettre en place, les différents carnets d’adresse qu’on a pu remplir avec d’autres skippers et d’autres équipes professionnelles sur toute la France."
 

Class40

La particularité de la Route du Rhum, c'est de voir des amateurs et des pros se mesurer. La Class40 est l'une de ces catégories. Longs de 40 pieds, ces bateaux ont tous les âges. Ce sont souvent les plus abordables de la course, loin des ultimes et autres multicoques qui arriveront bien avant eux en Guadeloupe. 
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53 bateaux sont engagés dans la catégorie Class40. ©Fred TANNEAU / AFP

Le Class40 a gagné ses lettres de noblesse grâce à la Route du Rhum. Beaucoup de très bons skippers se trouvent dans cette catégorie. "C’est un bateau qui a un bon rapport qualité-prix", explique Eric Cintas, journaliste à France Télévisions qui couvre sa huitième Route du Rhum. Rodolphe Sepho, mais aussi Carl Chipotel et Dominique Rivard, la catégorie compte trois des huit Guadeloupéens en lice.
 

Discipline à bord

S’il faut entretenir le bateau pour aller le plus loin et le plus vite possible, il faut aussi prendre soin du skipper. Pour Rodolphe Sepho, comme pour tous les skippers qui participent à la transat en solitaire, l’une des difficultés consiste à réussir à dormir pendant la traversée : "On dort là ou on peu et on dort quand on peu.

"Avec l’expérience, on apprend à anticiper les phases de repos, les moments où le corps sera très sollicité, poursuit Rodolphe. C’est surtout beaucoup de discipline à bord. Être capable, malgré l’excitation ou l’euphorie d’aller se reposer parce qu’il y aura des moments difficiles à venir."