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Salon du livre de Paris : "La Rue cases-nègres" de Joseph Zobel adapté en bande dessinée

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La Rue cases-nègres BD
©Présence africaine
Le célèbre roman de l’écrivain martiniquais Joseph Zobel, "La Rue cases-nègres", a été adapté en bande dessinée par le scénariste Michel Bagoé et l’illustratrice Stéphanie Destin, aux éditions Présence africaine. Du très bel ouvrage.
C’est un sacré défi brillamment relevé par Michel Bagoé et Stéphanie Destin, tous deux Martiniquais, qui ont su restituer en dialogues et dessins l’univers de « La Rue cases-nègres » de Joseph Zobel. Pour rappel, cet ouvrage paru en 1950, considéré comme un classique de la littérature antillaise et au programme dans de nombreuses écoles, fut un grand succès de librairie. Il fut également porté à l’écran par la cinéaste Euzhan Palcy en 1983, dans un film qui obtint une reconnaissance internationale.

Auteur compositeur interprète, également scénariste et auteur de bandes dessinées, Michel Bagoé a eu pour tâche de rédiger les textes et dialogues de la BD. « Mon domaine de prédilection c’est la musique, je suis musicien de profession mais je me suis mis à l’écriture il y a quelques années avec la publication d’une BD musicale », explique-t-il à La1ere.

Je me suis lancé dans le projet de BD de "La Rue cases-nègres" avec un sentiment de légitimité car j’ai bien connu Joseph Zobel... au Sénégal. A l’époque il était directeur d’un collège dans lequel enseignait mon père. Nous avons passé une dizaine d’années là-bas. Nos deux familles étaient très proches. Cette BD est également pour moi une forme d’hommage à cet écrivain. » (Michel Bagoé)


La Rue cases-nègres BD
©Présence africaine

Michel Bagoé et Stéphanie Destin ont travaillé durant deux ans et demi à partir du roman original, en « traitant de la totalité textuelle », précise-t-il. « J’y ai apporté ma propre expérience, au niveau des dialogues entre les enfants par exemple, en édulcorant des textes qui pouvaient sembler assez pointus. Nous avons fait aussi un travail historique pour bien situer le contexte de l’époque, dans les années trente de la Martinique coloniale, avec l’omniprésence des Békés, le travail dans les champs de canne, etc. », ajoute l’auteur.

Stéphanie Destin, quant à elle, qui réside en Martinique et dont c’est la première BD, s’est déplacée dans toute l’île pour faire les meilleures illustrations possibles et être au plus près des paysages à reproduire. En complément, ses recherches documentaires ont porté notamment sur les questions architecturales et vestimentaires. N’hésitons pas à le dire, le résultat est remarquable, au niveau de l’esthétisme, des images et de la valse des couleurs qui irradient plaisamment le livre. L’ouvrage est complété d’un petit lexique de termes et d’expressions créoles qui permet de mieux appréhender la réalité de la Martinique. 

Michel Bagoé et Stéphanie Destin, « La Rue cases-nègres » - éditions Présence africaine (2018), 90 pages, 18 euros.