Samuel Légitimus : "Il faut lire et relire James Baldwin, indépassable et indispensable"

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L’acteur et metteur en scène Samuel Légitimus (à gauche), fondateur du Collectif James Baldwin, du nom du romancier afro-américain. ©Tejan Karefa-Smart
Samuel Légitimus, le fondateur du Collectif James Baldwin, revient sur l'oeuvre de l'écrivain américain à l'occasion de la diffusion du documentaire du réalisateur haïtien Raoul Peck sur Baldwin, "Je ne suis pas votre Nègre" (Arte, le 25 avril à 20h50), et avant sa sortie en salles le 10 mai.
Il y a un peu plus de vingt ans, Samuel Légitimus fondait le Collectif James Baldwin, qui rassemble artistes et intellectuels de tous horizons désireux de transmettre et de faire vivre la pensée et l’œuvre de l’écrivain afro-américain (1924 - 1987). Samuel Légitimus, acteur et metteur en scène, par ailleurs petit-fils de la célèbre actrice martiniquaise Darling Légitimus, est un passionné de l’œuvre de Baldwin. Le Collectif organise régulièrement des manifestations (cinéma, lecture, expos, conférences, etc.) autour du célèbre romancier, auquel il a aussi consacré une page Facebook où l’on peut trouver toutes sortes d’informations sur cet auteur.
 
Ce mardi 25 avril à 20h50, la chaîne franco-allemande Arte diffusera le documentaire du réalisateur haïtien Raoul Peck, « I Am Not Your Negro » (Je ne suis pas votre Nègre), consacrée au parcours hors du commun de James Baldwin. La sortie en salles est prévue le 10 mai. Avec les mots de Baldwin, lus par l’acteur Samuel L. Jackson dans sa version américaine et par le chanteur JoeyStarr en version française, le film effectue une plongée parfois terrifiante dans les luttes politiques et sociales des Afro-Américains durant les dernières décennies contre le racisme, la ségrégation légalisée, les violences policières, les lynchages, etc.

REGARDEZ la bande annonce de « I Am Not Your Negro » 


« Raoul Peck se sert de Baldwin pour lier le passé et le présent et montrer la permanence de la question noire aux Etats-Unis », dit Samuel Légitimus qui a déjà vu le film, sorti aux USA en février 2016. « Ce n’est pas un documentaire comme les autres dans la mesure où il s'agit plutôt d'une sorte de symphonie savamment agencée en un long poème cinématographique. Il possède une grande force visuelle et on en sort comme d'un rêve, légèrement sonné. Raoul Peck a voulu montrer que la violence policière ne date pas d’aujourd’hui. Il montre surtout la position de l’homme noir aux États-Unis, notamment dans l’imagerie d’Hollywood. Raoul Peck est un cinéaste politique qui veut ouvrir les yeux du public, et surtout des jeunes, sur la permanence du racisme et les inviter à découvrir des moyens de luttes valables. »
 
« Il faut lire et relire James Baldwin », poursuit Samuel Légitimus. « On a l’impression que tous les livres qu’il a écrit ne parlent pas d’hier mais d’aujourd’hui. ‘Le passé c’est le présent’ disait-il. Si on ne règle pas les problèmes du passé ils se reportent dans le présent et on devient prisonnier de l’histoire. Les livres de Baldwin ont cette force qu’ils prévoient tout ce qui allait nous arriver et, trente ans après sa disparition, Baldwin demeure LE grand écrivain de la question raciale et identitaire, indépassable et indispensable. » 
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