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Le Sénat lance une mission d'informations sur le trafic de stupéfiants en provenance de Guyane

trafic de drogue
Mules drogue Guyane
©FRANCIS ROCHE / DOUANE FRANCAISE / AFP
À la demande du sénateur de Guyane Antoine Karam, le Sénat a lancé le 13 mai une mission commune d'information sur la lutte contre le trafic de stupéfiant en provenance de Guyane. Mardi 19, le bureau de la mission a été constitué. 
Près de 30 % des entrées de cocaïne dans l'Hexagone proviennent de Guyane, un trafic facilité par l'utilisation de "mules" qui transportent la drogue en la cachant ou l'ingérant. Une situation alarmante qui fera désormais l'objet d'une mission commune d'information au Sénat. Créée le 13 mai à l'initative du groupe LREM, cette mission aura pour objectif "d'évaluer la politique et les moyens mis en œuvre" dans la lutte contre le trafic depuis la Guyane et de "proposer des pistes d'amélioration pour en renforcer l'efficacité".

Le rapporteur de la mission est Antoine Karam, sénateur de Guyane. C'est lui qui en avait annoncé la création le 13 mai dans un communiqué. Georges Patient, lui aussi sénateur de Guyane, fera également partie de la mission.
 
La mission devra émettre un avis sur l'installation d'un scanner corporel à l'aéroport Félix Éboué, une demande de longue date formulée par de nombreuses personnes en Guyane.

Le 19 mai, la mission s'est réunie une première fois pour constituer son bureau, présidé par Olivier Cigolotti, sénateur de Haute-Loire. Six vice-présidents ont été désignés, dont le sénateur de Saint-Martin :
  • Mathieu Darnaud (Ardèche)
  • Chantal Deseyne (Eure-et-Loir)
  • Michel Dagbert (Pas-de-Calais)
  • Guillaume Arnell (Saint-Martin)
  • Fabien Gay (Seine-Saint-Denis)
  • Joël Guerriau (Loire-Atlantique)

Réinsérer les "mules"

En tout, 23 sénateurs constitueront la mission. Tous devront réfléchir au "fléau" et au "drame" que représente le trafic pour la Guyane, ainsi que la "dimension sociale et humaine" derrière le phénomène des mules, avec la question de leur réinsertion dans la société. 
Il faudra également prendre en compte "la dimension internationale et le contexte régional dans lesquels s’inscrit ce trafic", ainsi que "les enjeux de coopération internationale qui en découlent."

Ces dernières semaines, une seule arrestation a eu lieu, a indiqué le procureur de la République de Guyane, Samuel Filniez. Mais la reprise du trafic aérien, stoppé pendant le confinement, et l'aggravation des difficultés sociales pour certains citoyens, risquent de relancer les tentatives de transports de drogue.