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Le sida : un fléau en Outre-mer

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Les régions d'Outre-mer ne sont pas égales face au virus du sida. Si l'épidémie se stabilise en Martinique et à La Réunion, elle reste très forte en Guyane et en Guadeloupe. Ces deux collectivités sont les plus touchées de France par le sida.

Guyane et Antilles : les régions les plus touchées de France par le sida

En 2014, c'est aux Antilles et en Guyane que l'on a enregistré le plus de nouveaux séropositifs. Deux fois plus en Martinique que dans l'Hexagone, cinq fois en Guadeloupe, neuf fois plus en Guyane. Ce sont donc les régions les plus touchées de France par le sida. 
 

L'épidémie cachée : un réel problème Outre-mer

En Outre-mer, beaucoup de personnes ignorent qu'elles sont malades. "Cela est du au retard du dépistage dans ces territoires", explique France Lert, spécialiste du sida dans les territoires ultramarins, à La1ere.fr. A La Réunion par exemple, la durée entre l'infection et le diagnostic est la plus longue de France, 4,2 ans contre à peine 3,3 pour la moyenne nationale. En Guyane, le chiffre est à peine plus bas : 4 ans en moyenne. 
 
Sida infection
©ANRS

Le retard au dépistage est compensé par la qualité des soins sur place. "Les traitements thérapeutiques sont très bons, de qualité comparable à ceux de l'Hexagone", poursuit France Lert. "On peut vivre presque normalement avec le sida dans ces territoires". 

Qui sont les personnes touchées ?

La situation est très différente selon les Outre-mer. A La Réunion et en Martinique, les malades sont des locaux issus d'une population vieillissante. En Guyane et en Guadeloupe en revanche, ce sont principalement des hommes, jeunes, hétérosexuels, aux revenus plutôt faibles originaires d'Haïti ou d'Amérique latine. 

En Guyane d'ailleurs 3 séropositifs sur 4 est d'origine étrangère. Cela s'explique par la situation géographique du territoire. "La Guyane est ouverte sur les autres pays, avec la frontière avec le Guyana, le Suriname et le Brésil. La population migrante en situation de pauvreté avec des difficultés d'accès au soin. C'est là ou survient l'épidémie", détaille Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence Nationale de Recherche sur le SIDA/VIH.

Cette particularité rend le suivi des malades plus complexes. Sans-papiers, sans logement parfois, la précarité dans laquelle vivent de nombreux séropositifs complique la prise de médicaments. Et les antirétroviraux pris irrégulièrement sont moins efficaces.
 

Le sida, un tabou outre-mer

Isolement, discrimination, peur du regard des autres : nombre de malades préfèrent garder leur séropositivité secrète, 30 % en Outre Mer, seulement 5 en métropole.

"C'est parfois aussi difficile que la maladie", témoigne un Guadeloupéen, qui souhaite rester anonyme. Dans les sociétés insulaires, les informations circulent vite. "C'est impossible d'aller à un test de dépistage sans se faire repérer. Et lorsqu'on a le sida, tout le monde finit par le savoir. Cela nous pénalise pour rechercher des emplois", poursuit-il. 
 

Comment lutter contre le sida en Outre-mer ?

A partir des années 90, l'Etat lance de grandes campagnes de dépistage et de prévention. De 2010 à 2014, il poursuit son action avec un plan national de lutte contre le Sida. Les associations se mobilisent, il faut informer, notamment sur l'utilisation du préservatif, et ce dès le plus jeune âge. Des marches sont organisées, les personnalités se mobilisent.
 
Malgré tout, il reste encore beaucoup de travail pour enrayer l'épidémie en Outre-mer. Si le nombre de malade se stabilise à La Réunion, il continue d'augmenter légèrement en Martinique, bien plus en Guyane et en Guadeloupe. Dans l'Hexagone il est globalement stable depuis une dizaine d'années.
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