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Sur son compte Instagram "Je m’en bats le clito", Camille Aumont Carnel parle de sexe mais pas en afroféministe

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Camille Aumont Carnel
©Tessa Grauman
L’influenceuse d’origine nigérienne a été invitée en Martinique en juillet dernier. Un voyage qui l’a fait réfléchir sur son engagement féministe.

 
Elle fait le buzz sur les réseaux sociaux. Camille Aumont Carnel, jeune femme de 23 ans a lancé le deux octobre 2018 un compte Instagram baptisé "Je m’en bats le clito". Penchée sur son téléphone cette grande femme stylée relève le chiffre au 14 janvier 2020 : 529 000 abonnés. "Un délire !", s’exclame-t-elle.
 
 

"Une petite souris"

Elle y parle de sexe côté femmes, sur un ton résolument drôle et direct. Ou tout ce que l'on se dit à soi-même sur sa vie intime, mais que l'on n'ose pas raconter aux autres.
 

C’est vraiment une espèce de petite souris qui vient se glisser dans nos culottes et dans nos têtes pour balancer dans la sphère publique tout ce qui se passe dans la sphère privée. Et je reçois 200, 300 messages par jours de mes abonnés.

   
Mais cette jeune femme née au Niger et qui a partagé son enfance entre son pays d’origine, l’Espagne, Madagascar et la France, refuse l’étiquette d’afroféministe. Une position qu’elle assume depuis un voyage en Martinique.
 

Je ne veux pas que ce soit une énième femme blanche qui vienne me faire des leçons.

 

Parler à toutes les femmes

En juillet dernier Camille est conviée par Karline Guillaume à la Lady's break, un événement dédié aux femmes en Martinique. Sur place elle découvre, dit-elle, une société ultra patriarcale. Les femmes l'accueillent avec enthousiasme, pour son discours cash et féministe, mais surtout parce qu'elle est noire. "C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que mon image était aussi parlante que mes propos. C’était comme si les femmes me disaient : je ne veux pas que ce soit une énième femme blanche qui vienne me faire des leçons."
 
Pour autant Camille Aumont Carnel refuse de se définir comme militante afroféministe, et insiste sur le caractère universel de son discours sur le sexe. "Noire, blanche, peu importe !", assure-t-elle. "Je suis un influenceuse féministe Noire qui dit qu’en tant que Noire, je peux parler à toutes les femmes."
 

Ecoutez le reportage de Tessa Grauman :

Camille Aumont Carnel