Sorties de la semaine (un débat, une commémoration, un album et un festival : 07/05/21)

sorties de la semaine
Sorties de la semaine (07/05/21)

Un débat sur Napoléon et l'esclavage; l'héritage de Bob Marley; le premier album de Rawb; et l'annonce du festival folklore de Tahiti : voici l'actualité de la semaine (07/05/21)

Débat

 

Napoléon et l’esclavage : le grand débat

Le 5 mai dernier a marqué le bicentenaire de la disparition de Napoléon Bonaparte. A cette occasion, huit associations (Les Anneaux de la mémoire, le Cifordom, le CM98, la Route des abolitions de l’esclavage, etc…) prolongent samedi 8 mai le débat sur son rôle dans le rétablissement de la traite négrière et de l’esclavage dans les colonies françaises.Trois tables rondes apporteront un éclairage sur les circonstances de ce choix. La première (14h) portera sur le rétablissement de la traite négrière et de l’esclavage, elle sera diffusée en direct sur le Portail Outre-mer la 1ère ; la deuxième (16h30) sur Toussaint-Louverture, Napoléon Bonaparte et Saint-Domingue (Haïti) ; et la troisième  (19h) s’intitule Esclavage et ségrégation sous Napoléon Bonaparte. La romancière et essayiste Léonara Miano clôturera cette journée.

Débat : Napoléon et l'esclavage

 

Festivals

 

La Polynésie s'expose en Occitanie

Festival Folklore de Tahiti (du 11 au 13 août 2021, à Port-Vendres, Occitanie). L’association Archipels du Pacifique annonce la tenue de la cinquième édition de son festival, du 11 au 13 août prochains à Port-Vendres. Le village polynésien accueillera environ soixante-dix artisans. La troupe Heiva I Tahiti sera aussi présente. Des films du FIFO seront diffusés. Et cette année, invités d’honneur pour la première fois, la Réunion et les Antilles ; ces dernières étant notamment  représentées par Francky Vincent et Zouk Machine.

 

Musique 

 

Rawb : le reggae comme guide

The beachfront de Rawb. "Je ne suis pas religieux, je n’ai pas de guide. Le reggae a pris cette place dans ma vie. Il m’aide à prendre des décisions, à relativiser. Bob Marley, c’est l’un de ceux qui avec peu de mots a réussi à dire beaucoup." Quand vous demandez à brûle-pourpoint à Quentin Robert, alias Rawb, pourquoi il a choisi le reggae pour s’exprimer, c’est la réponse qu’il vous sert. Et précisant sa pensée, il rajoute : "Quand j’ai appris que Bob Marley avait des difficultés avec son métissage, trop blanc en Jamaïque, trop noir aux Etats-Unis, j’ai compris son besoin de chanter l’unité. Ca m’a touché parce que moi-même, sans être métissé, enfant, je ressentais ce sentiment. Je viens de la Réunion où il y a des Oreilles, des Créoles… Ca me parlait. C’est l’unité peu importe ta couleur, ta religion. Essayer de vivre ensemble : c’est ce qui m’a touché le plus."

The Beachfront est le premier album de Rawb. Sans une chronique élogieuse sur France Inter, il serait sans doute passé sous les radars. Mais voila The beachfront a tapé dans le mille. Et les premiers morceaux écoutés balancent agréablement entre reggae et musiques actuelles. Normal pour un enfant qui a baigné dans cette ambiance musicale. "Outre le reggae, petit, j’écoutais beaucoup de dancehall en créole." Mais les paroles, plutôt légères, ne lui plaisent guère. "Quand je suis tombé sur le fils de Bob Marley (Damian) qui mélangeait reggae, dancehall, et qui en plus parlait de choses importantes, je me suis dit que le mix est possible."

En 2017, Rawb franchit le Rubicon. Il quitte la Réunion pour s’installer à Paris chez son frère et vivre à fond sa musique. C’est un crève-cœur ("mon île, mes parents me manquent") mais le projet musical a pris forme. Et ce spleen nourrit les paroles de ses chansons. Avec son acolyte, Thibault Flory, alias Trka,( "il compose avec moi, filme et monte les clips, gère l’informatique"), ils forment un duo avec lequel il va falloir désormais compter dans le milieu reggae. Les cousins qui lui ont fait découvrir cette musique, enfant, peuvent s’en féliciter. Objectif de Rawb : produire du reggae conscientisé.

Voyez notre reportage :

 

L'héritage de Bob Marley dans les Outre-mer

Regardez notre reportage sur les traces de Bob Marley en Guyane, à La Réunion, et en Nouvelle-Calédonie :

 

Valérie Tribord : « Paix, amour, tolérance : je crois que les messages de Bob nous parlent encore plus aujourd’hui. »

Valérie Tribord avait 10 ans quand Bob Marley est décédé. Un moment important pour elle. la chanteuse guyanaise qui a accompagné dix ans durant Tiken Jah Fakoly et depuis 2015 Alpha Blondy, se dit sensible aux mélodies et surtout à ses messages.

 "Des messages de paix, d’amour et de tolérance. Et de force aussi. Bob Marley développait toujours dans ses chansons l’acceptation de l’autre. Un thème encore plus important encore aujourd’hui, quand on voit les déchirements qui secouent notre société. Je crois que les messages de Bob nous parlent encore plus aujourd’hui. Il y aussi un sentiment de proximité. Du coup, on a l’impression qu’un frère très proche s’adresse à nous. Les messages sont plus percutants."

Rawb : "le reggae, c’est quelque chose qui me guide."

Enfant, Quentin Robert, alias Rawb a eu un coup de cœur quand, à la Réunion, ses cousins lui ont fait écouter du reggae pour la première fois. Il avait sept, huit ans. "Je n’avais jamais entendu un truc comme ça, surtout la basse. C’était comme une drogue. J'avais besoin de réécouter le morceau en boucle."

 "Je ne suis pas religieux, je n’avais pas de guide. Le reggae a pris cette place dans ma vie. C’est quelque chose qui me guide, qui m’aide à prendre des décisions, à relativiser par rapport à la vie. Bob Marley est l’un de ceux qui, avec peu de mots, a tout dit. L’entendre parler de tolérance dans ses textes m’a touché. L’acceptation de l’autre et la notion de courage et de force dans la vie. Une phrase de Bob Marley m’a marqué : Dieu donne ses combats ses combats les plus durs à ses soldats les plus forts. Ca te donne une vraie force d’entendre ça."

Marcus Gad : "En Nouvelle-Calédonie, avec le reggae, on développe une identité collective."

En Nouvelle-Calédonie, on entend du reggae partout, jusque dans les supermarchés. Bob Marley a une aura particulière auprès du peuple kanak. Marcus Gad a grandi dans cette ambiance. "Il y a quelque chose de très universel dans le message de Bob Marley qui touche à l’émancipation, à la liberté individuelle et collective. Et du coup, ce sont des questions qui m’ont toujours beaucoup marquées. Je vis dans un pays socialement et racialement divisé. Et ça, en tant que jeune, c’est difficile à vivre. Tu ne choisis pas dans quel camp tu nais. Et moi, je me suis rendu compte que ce dont j’avais envie c’était d’être ensemble. Pour moi, nous sommes issus d’une génération qui a grandi ensemble et qui a une identité collective. Au travers de cette musique, on a cette discipline qui fait qu’on peut être ensemble et que l’on développe cette identité collective."