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Suicide d’un surveillant réunionnais du centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis

faits divers
Prison de Fleury-Mérogis
Prison de Fleury-Mérogis ©Capture d'écran
Un jeune surveillant de 27 ans s’est donné la mort dans la nuit de mardi à mercredi en se jetant d'un Pont en Normandie. Ce Réunionnais avait été agressé mi-avril par un détenu à la prison de Fleury-Mérogis, selon les syndicats.
Un jeune surveillant de 27 ans s’est donné la mort en uniforme dans la nuit de mardi à mercredi. Ce Réunionnais originaire de la Rivière-Saint-Louis avait quitté son service avant d'avoir terminé sa journée. Le récit de Marie-Ange Frassati de Réunion la 1ère ci-dessous : 
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Agressé par un détenu

Selon Cédric Boyer, vice-président de la commission Outre-mer FO pénitentiaire, "il a été victime à la mi-avril d'une agression de la part d'un détenu qui lui avait balancé un bol d'urine au visage. Après cela, la prise en charge prévue par le protocole n'a pas été respectée. Il a du se rendre de lui-même à l'hôpital. Il avait été marqué". Pour le syndicaliste, lui aussi Réunionnais, la mort de son collègue est liée à son travail de surveillant. Il l'a dit à Henri Hélie de France Ô/Outremer 1ère : 
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Famille sur place

Joint par La1ère, Didier Kandassamy du syndicat FO de Fleury-Mérogis précise que "le père du surveillant réunionnais est arrivé en région parisienne. La famille ne comprend pas ce qui a pu se produire car le jeune homme semblait aller bien".

Tension croissante

Le syndicaliste ajoute que la tension croissante au centre pénitentiaire pourrait expliquer son geste. "Depuis janvier, neuf détenus se sont suicidés à la prison de Fleury-Mérogis. Deux gardiens se sont donnés la mort et l'un d'entre eux a été agressé par un détenu radicalisé. Il faut vraiment que l'établissement prenne des mesures d'urgence et convoque sans attendre le CHSCT (le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail)"

Deuxième suicide

C’est en effet le deuxième suicide en deux semaines concernant un surveillant de la prison de Fleury Mérogis. Une Antillaise avait, elle aussi, mis fin à ses jours. Une cellule psychologique a été mise en place dans l’établissement.

Mouvement social

Pour Danick Gahaly, suveillant à Fleury-Mérogis depuis 2012 : "le mouvement social de janvier n'a changé, pire, dit-il, on a reculé. La parole d'un détenu est plus écoutée que celle d'un surveillant", dénonce-t-il. Ce gardien originaire de Guyane ne souhaite pas se prononcer sur l'affaire en cours mais pour lui il ne fait pas de doute que ce suicide est lié aux conditions de travail à Fleury-Mérogis (Interview Henri Hélie de France Ô/Outremer 1ère)

Agression

Ce deuxième suicide intervient dans un contexte particulièrement tendu à la prison de Fleury-Mérogis. Un autre gardien réunionnais a été blessé par un détenu radicalisé il y a dix jours. Les syndicats pénitentiaires dénoncent "une détresse des surveillants". Cédric Boyer demande "la démission de l'ensemble de la direction de Fleury-Mérogis qui manage les personnels par la pression, l'intimidation et la peur".

Réactions

Le député de La Réunion Jean-Hugues Ratenon (France Insoumise) a réagi dans la presse locale. Il appelle l’Etat à réagir. De son côté, l'association Codium qui fédère les Ultramarins dans la fonction publique a rendu hommage au surveillant réunionnais dans un communiqué publié sur sa page Facebook.