Tourisme : fortes turbulences pour Accor en Asie-Pacifique

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Accor compte deux hôtels à Bora Bora en Polynésie ©AFP
Accor, sixième groupe hôtelier mondial, a bouclé une année 2019 en berne dans la région Asie-Pacifique qui génère désormais le tiers de son activité. Le groupe a pâti des tensions commerciales entre Chine et Etats-Unis, avant le choc de l'épidémie de coronavirus.
 
L'an dernier, le bénéfice net s'est élevé à 464 millions d'euros, meilleur qu'anticipé par les analystes qui tablaient sur 392 millions d'euros, selon le consensus réalisé par Factset.
En 2018, le bénéfice net avait bondi à 2,23 milliards d'euros, grâce à la plus-value exceptionnelle de 2,4 milliards réalisée à l'occasion de la cession de 65% du pôle immobilier AccorInvest.

Globalement positif, mais...
De son côté, le chiffre d'affaires a progressé l'an dernier de 16% à 4,05 milliards d'euros, avec une hausse de 9,5% de l'activité du principal pôle, "Hôtel Services" à 2,89 milliards, et un bond de 43,4% à 1,07 milliard pour les revenus des "Actifs hôteliers". Les acquisitions de deux chaînes hôtelières, l'australienne Mantra et la suisse Mövenpick, notamment, ont dopé l'activité.

Australie, Chine à la peine
En revanche les incendies en Australie, où le groupe a dû comptabiliser une dépréciation d'actifs de 150 millions d'euros, les manifestations pro-démocratie à Hong Kong ainsi que les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, où la rentabilité s'est dégradée, ont pesé sur l'activité, a précisé Accor dans son communiqué. "A un moment où la Chine traverse une période difficile, nous tenons à exprimer notre soutien au peuple chinois, à nos équipes, nos clients et partenaires sur place", commente Sébastien Bazin, PDG du géant hôtelier, cité dans le communiqué. "Une grande partie des hôtels fermés ont été mis à disposition des autorités chinoises pour les accompagner pour héberger toutes les équipes médicales, pour donner de l'alimentaire, pour tous ceux qui travaillent dans les hôpitaux. On est totalement à disposition du gouvernement chinois, on est très très local depuis 47 ans en Chine", a conclu le PDG d'Accor.

200 hôtels à l'arrêt en Chine et à Hong Kong 
L'épidémie de coronavirus a contraint le groupe à "fermer à la réservation" 200 hôtels sur les 370 que compte son réseau en Chine et à Hong Kong, ce qui a fait plonger son revenu par chambre (RevPAR, l'indicateur phare du secteur) de 90% depuis la mi-janvier, a précisé lors d'une conférence téléphonique le directeur général adjoint, Jean-Jacques Morin.

Plus de touristes en Chine
Sur ces 200 établissements, une "soixantaine" gardent effectivement portes closes, a indiqué M. Bazin, et les autres "n'ont quasiment plus de clients, mais le gouvernement chinois n'a pas encore validé leur fermeture officiellement", a précisé à l'AFP une porte-parole. "Nous n'avons pratiquement plus d'activité dans nos hôtels en Chine", a commenté M. Morin, indiquant attendre "le point de retournement" de l'épidémie pour pouvoir juger de son effet sur l'industrie hôtelière. "Personne ne sait combien de temps cela prendra de revenir à une situation normale".

En résumé
Mi-octobre, le groupe avait annoncé tabler sur un excédent brut d'exploitation compris entre 820 et 840 millions d'euros, contre une estimation haute de 850 millions d'euros auparavant, en raison de ses difficultés en Asie. Il est finalement ressorti en bas de cette fourchette, à 825 millions d'euros (+14,8%). L'Asie-Pacifique affiche un revenu par chambre négatif en 2019 (-0,9%), qui s'est encore dégradé au quatrième trimestre (-1,9%). En Chine, ce RevPAR a baissé de 6,1%. Pour 2020, Accor n'a pas fourni de prévisions, comme à son habitude en début d'exercice.
           

 
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