Trafic de stupéfiants à la prison de Fresnes : deux ex-surveillants guadeloupéens condamnés à des peines de prison

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Prison de Fresnes : les surveillants pénitentiaires ne doivent pas s'exprimer en créole
La prison de Fresnes. ©PATRICK KOVARIK / AFP
Deux ex-surveillants guadeloupéens de la prison de Fresnes ont été condamnés jeudi à des peines de prison par le tribunal correctionnel de Créteil pour avoir introduit de la drogue au sein de la prison.
 
Quatre prévenus, dont un ancien surveillant guadeloupéen et une aide-soignante qui exerçait à l'hôpital de Fresnes comparaissaient pour "corruption", "acquisition, transport, offre, détention de stupéfiants" ou complicité, pour des faits remontant au mois d'août 2018.
 

Peine de prison

Le surveillant guadeloupéen a écopé de 30 mois de prison dont 12 avec sursis probatoire. Pour ce dernier, le tribunal a été plus sévère que le parquet qui avait requis 18 mois de prison.

En août 2018, lors d'un contrôle de la Brigade anticriminalité, ce surveillant de 24 ans avait été interpellé avec deux "savonnettes" de résine de cannabis de 110 grammes chacune. Très vite, il avait dit être surveillant à la maison d'arrêt de Fresnes et se trouver sur le point d'y apporter la drogue pour un détenu qu'il cotoyait à la cantine où il était affecté.
 

Milieu carcéral

"C'est un suicide judiciaire", a déclaré son avocat, Me Julien Dubs, lors de sa plaidoirie. "J'ai le sentiment qu'il avait envie que ça s'arrête", a-t-il ajouté, évoquant un jeune homme heurté par la dureté de sa carrière en milieu carcéral.

Le jeune homme avait déclaré aux enquêteurs avoir accepté le trafic pour s'acquitter de dettes. Avant son interpellation, il avait effectué une première livraison, pour une rémunération de 100 euros.
 

Un ancien chef de parloir

Dans la combine, la compagne d’un détenu, par ailleurs aide-soignante à l'hôpital de Fresnes au moment des faits, était chargée de réceptionner la drogue puis de la remettre au surveillant.

En plus du trafic de drogue, l'instruction avait abouti à la mise en examen d'un ancien chef de parloir, lui aussi guadeloupéen. Il est accusé d'avoir permis à deux détenus de récupérer des gros sacs d'affaires en dehors des circuits réglementaires et d'avoir fait entrer portables et consoles de jeux dans la prison. Il a été condamné jeudi à 24 mois de prison, et son maintien en détention exigé.
 
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