Transport aérien : la hausse annoncée de l'écotaxe va-t-elle pénaliser les Outre-mer?

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Aéroport d'Orly (image d'illustration)
©Xose Bouzas / Hans Lucas
Les prix des billets d’avion risquent de connaitre une envolée début 2021, destinations ultramarines comprises. En cause : le projet de loi gouvernemental sur le transport aérien qui prévoit d’augmenter l’écotaxe. Explications.
 
Le projet de loi gouvernemental sur le transport aérien prévoit d’augmenter considérablement l’écotaxe, afin de favoriser les transports alternatifs comme le train ou le bus, moins polluants que l'avion. Mais pour voyager entre les Outre-mer et l’Hexagone, difficile de faire sans le transport aérien. Cette augmentation annoncée de l'écotaxe suscite la colère des associations et des représentants des ultramarins de l’hexagone. Lors de la manifestation à Paris samedi 26 septembre sur les discriminations subies, plusieurs représentants ont critiqué cette hausse annoncée.

Regardez le reportage d'Outre-mer la 1ère :

 

De 3 à 60 euros

L’éco-contribution, comme son nom l’indique, est une taxe gouvernementale imposée aux voyageurs français qui prennent l’avion. Elle est actuellement d’un montant de 3 euros par voyageur et par trajet, destinations outre-mer comprises. Le gouvernement, sur proposition de la Convention citoyenne sur le climat consultée le 16 septembre dernier, envisage d'augmenter sérieusement cette taxe. Plusieurs associations écologistes proposent qu’elle passe à 30 euros pour des voyages de moins de 2000 km et à 60 euros pour les voyages de plus de 2000 km, ce qui est le cas de tous les départements, régions et collectivités ultramarines. Une augmentation de 1900 % en classe économique, 2122 % en business.

Plusieurs organisations écologistes qui défendent cette mesure n'ont pas répondu à nos sollicitations, mais affirment que cette mesure ne concernerait pas les dessertes outre-mer. 
 

Les entrepreneurs inquiets

Ce projet de hausse massive de l’écotaxe est une véritable douche froide pour les entreprises ultramarines, notamment pour l’industrie du tourisme. Sans surprise, les professionnels de l’aérien, déjà fortement touchés par la crise sanitaire du coronavirus, sont également vent debout. Beaucoup de professionnels tablent sur une annulation de cette mesure gouvernementale en raison de la continuité territoriale. Un avis que ne partagent pas les deux syndicats des compagnies aériennes françaises qui ne voient pas les outre-mer faire exception.

Le ministre des transports Jean-Baptiste Djebbari, qui s’est exprimé dans la presse, a déjà fait savoir que ces mesures auraient des conséquences fâcheuses pour l’industrie du transport aérien. Mais le président de la République ne l’entend pas de cette oreille et milite ces temps-ci pour des mesures fortes en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Le projet de loi gouvernemental sur le transport aérien qui devait être débattu en urgence fin septembre, crise du coronavirus oblige, serait repoussé à début janvier 2021.

 
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